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Crise au Togo : le dialogue entre pouvoir et opposition au point mort

Photo de Mounir El Figuigui

Sylvain Vidzraku, à Lomé

Publié le 02 mars 2018 à 14:46 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 01:15

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Reporté sine die le 23 février dernier après avoir débuté quelques jours plus tôt, le dialogue politique inter-togolais bloque aujourd'hui sur la question du retour à la Constitution de 1992. Les leaders de l'opposition quant à eux, ils accusent le pouvoir de chercher à gagner du temps en se livrant au dilatoire.

«Les discussions ont été laborieuses et très compliquées», a indiqué la coalition de l'opposition au Togo ce jeudi 1er mars 2018. Faisant allusion au dialogue politique qui a démarré le 19 février, reporté au 23 février, puis en encore une fois reporté sine die, les représentants des quatorze partis politiques de l'opposition ont assuré d'une même voix que les débats avec le gouvernement ont été très laborieux.

Après le démarrage effectif du dialogue, indique-t-on du côté de la coalition, deux sujets principaux ont été mis sur la table, notamment les mesures d'apaisement et le retour de la Constitution de 1992. Et c'est justement sur ces questions que les opinions n'ont pas évolué. L'opposition indique également que le gouvernement n'a pris aucune disposition relative à la réalisation des mesures d'apaisement, jusqu'au démarrage du dialogue.

«C'est donc difficilement et avec l'intervention directe du Facilitateur que le gouvernement a pu annoncer le lundi 19 février dans la nuit profonde, la libération de 35 personnes détenues dans le cadre des manifestations, suivie le mercredi 21 février de la libération des six détenus dans l'affaire des incendies des marchés de Kara et de Lomé», a souligné la coalition dans une déclaration liminaire.

Parmi lesdites mesures d'apaisement, la fin de la levée de l'immunité du député Targone ; la restitution de son passeport ; la levée de l'état de siège de fait des villes de Sokodé, Bafilo, Mango ; l'effectivité du droit de manifester sur toute l'étendue du territoire national ; une procédure «concrète» assortie de calendrier pour le retour des exilés et des déplacés et l'arrêt des «persécutions, arrestations, poursuites et violences» à l'encontre des militants et dirigeants de l'opposition.

«Ce dernier point est important afin que chacun des responsables de l'opposition puisse avoir l'opportunité de participer au dialogue en toute sécurité. La Coalition maintient que la poursuite des discussions sur les autres points de l'ordre du  jour ne peut être facilitée que par la réalisation du reste des mesures d'apaisement», assure le groupe des quatorze partis.

«LE» point d'achoppement

En dehors des mesures d'apaisement que réclame l'opposition, le principal point de discorde est le retour à la Constitution de 1992. L'opposition avoue avoir accepté de discuter de ce point, même si les mesures d'apaisement n'ont pas été prises.

«Mais en attendant, la Coalition a accepté d'entamer les discussions sur le point concernant le rétablissement de la Constitution de 1992. Et c'est sur ce point que les travaux achoppent,  parce que le régime RPT/-Unir s'y oppose, n'étant préoccupé que par la candidature du président actuel, Essozimna Gnassingbé à la présidentielle de 2020», a déclaré la coalition.

Estimant que n'elle n'est que « porteuse des aspirations légitimes du peuple », l'opposition avance dans son communiqué qu'elle ne pourrait « en aucun cas accepter un accord qui permette au président actuel de se présenter en 2020 pour un quatrième mandat ».

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Alors que dans le camp du pouvoir l'on confie que ce retour de la Constitution de 1992 n'est point possible, dans la coalition par contre, l'on estime que cela pourrait se faire par un «simple acte». C'est surtout l'avis de Komi Wolou, président du Parti socialiste pour le Renouveau (PSR), membre de la coalition qui explique qu'il est simplement question d'un accord entre les partis.

«On peut  par simple acte décider que toutes les modifications intervenues dans la C92 [Constitution de 1992] soient supprimées. Donc on rétablit la Constitution dans sa version originelle. C'est simplement une question d'accord entre les partis. C'est offensant de penser qu'aucun mécanisme ne pourrait permettre de réaliser ce que je viens d'expliquer», avance-t-il.

Pour lui, lorsqu'on supprime les articles d'un même texte, on pourrait encore procéder au même amendement dans l'autre sens pour les supprimer et réintroduire ce qui avait été modifié. Le  retour à la C92  ne signifie pas que toutes les décisions ou les modifications en vertu de la Constitution modifiée sont nulles, a ajouté l'universitaire à la faculté de droit de Lomé.

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Notons par ailleurs que contrairement ce qui a été rapporté notamment sur les réseaux sociaux, le dialogue ne reprendra dans deux semaines, au Ghana. Selon Mouhamed Tchassona Traoré, de la coalition, il est plutôt annoncé  des consultations  avec le facilitateur ghanéen, le président Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, afin de parvenir à un consensus avant le prochain round des négociations à Lomé.

Sylvain Vidzraku, à Lomé

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