« Pays de merde » : Faki Mahamat range la polémique dans les tiroirs du « passé »

Moussa Faki Mahamat
Reuters

Moussa Faki Mahamat
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«Au moment où vos assises se tiennent, l'Afrique n'a pas encore fini de digérer les déclarations du président des Etats-Unis qui ont profondément choqué par les messages de mépris, de haine, de désir de marginalisation et d'exclusion de l'Afrique qu'elles ont véhiculés», avait répliqué Moussa Faki Mahamat aux propos polémiques prêtés à la mi-janvier à Donald Trump sur les «pays de merde». Des propos condamnés à l'unanimité par les dirigeants et leaders d'opinion du Continent.
Un peu plus d'un mois après cette virulente charge verbale lors de l'ouverture de la 32e session ordinaire du Conseil exécutif de l'UA, le président de la commission de l'organisation panafricaine semble avoir dilué sa salive dans la foulée de la mini-tournée africaine de Rex Tillerson, le chef de la diplomatie américaine. Il faut dire qu'entre temps l'eau qui a coulé sous les ponts semble avoir charrié la polémique.
Ce jeudi 8 mars, alors qu'il recevait le secrétaire d'Etat américain au siège de l'Union africaine (UA), Faki Mahamata décidé d'enterrer définitivement la polémique sur l'injure de Donald Trump. «J'ai reçu une lettre du président Trump qui m'était adressée et j'en ai parlé à d'autres dirigeants africains. Je crois que cet incident appartient au passé», a fait savoir Moussa Faki Mahamat lors d'une conférence de presse avec Rex Tillerson qui avait tout d'une rencontre pour «fumer le calumet de la paix».
Sans mention expresse et formelle d'excuses, l'Administration Trump a réussi à faire ranger la polémique dans les tiroirs du passé. Comme le mentionne le président de la Commission, avec une lettre presque dithyrambique du locataire de la Maison-Blanche adressée le 26 janvier à l'Union africaine à la veille de son 30e sommet, Donald Trump avait tenté de clore la polémique de ses propos.
«Les États-Unis respectent profondément les partenariats et valeurs que nous partageons avec l'Union africaine, les États membres et les citoyens du Continent. Je veux souligner que les États-Unis respectent infiniment les Africains, et mon engagement pour des relations solides et respectueuses avec les États africains en tant que nations souveraines est ferme», a écrit Donald Trump de sa plume présidentielle.
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Ni le lobbying intense de diplomates africains en poste au pays de l'Oncle Sam pour convaincre de prendre la parole lors du Sommet de l'UA, ni le tollé diplomatico-médiatique provoqué par ses propos n'ont convaincu Trump de mettre les formes dans sa tentative de se faire excuser pour son outrecuidance. Il semble que la visite de Rex Tillerson à l'UA semble aller dans ce sens. La question à un million de dollars est de savoir si son secrétaire d'Etat va baliser le terrain pour la première visite de Trump en Afrique. Sa première depuis son élection.
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