Nice Côte d'Azur renforce sa stratégie "smart city"

Laurence Bottero

Nice Côte d'Azur
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Mieux que Mexico, Rio de Janeiro et San Diego. Le classement Juniper Research, publié en mars dernier, ne concerne ni le football ou tout autre sport vedette mais plus sérieusement le classement des villes les plus intelligentes au monde. En pointant en 13e position, Nice conforte sa place dans le top 20. Et renforce ainsi sa stratégie, adoptée voilà dix ans. Entre-temps, il y a eu des projets, des expérimentations, une éco-Vallée qui sert de jolie vitrine et qui n'a pas encore délivré tout son potentiel. Si on ne peut pas nier la place que Nice a prise sur le créneau de la ville intelligente, si elle est clairement en avance de phase par rapport à d'autres territoires de France, il est tout aussi vrai que l'accélération des technologies exige que cela se traduise encore plus concrètement sur le terrain.
Considérée comme un laboratoire à ciel ouvert grâce aux capteurs disséminés en centre-ville, à l'Institut méditerranéen du risque et du développement durable (Imredd) qui sert la data comme carburant aux PME et grands groupes pour générer de l'innovation, la cinquième ville de France, tel un bon élève dont on s'émerveille sur les premiers bons résultats et le potentiel pressenti, doit confirmer. Comment ?
Si l'impulsion a été - et est toujours, c'est indispensable - politique, elle vient aussi beaucoup du monde économique.
À l'instar du secteur de l'industrie. Une facette du territoire qui n'est pas forcément (re)connue à sa juste valeur, mais qui pourtant en matière d'intelligence numérique a très vite compris qu'il lui fallait prendre sa part et que derrière le vocable se trouvent des opportunités de business. Le fer de lance sur le sujet, c'est l'UIMM 06. L'Union des industries et des métiers de la métallurgie a déployé un programme baptisé "Industrie 4.06", en partenariat avec la chambre de commerce et d'industrie Nice Côte d'Azur. Un programme décliné en différentes étapes.
D'abord, l'indispensable phase de sensibilisation des entreprises, parce que, comme l'explique Daniel Sfecci, le président de l'UIMM 06, le numérique ne s'appréhende pas toujours avec clairvoyance. Puis, les phases diagnostic, recommandation et passage à l'action.
La plateforme se veut extrêmement concrète et c'est bien le but. « La plateforme réalise le diagnostic, indique des solutions et amène aussi l'apporteur de solutions », explique Daniel Sfecci. Et pour compléter, l'IUMM 06 a mis en place une autre plateforme, appelée "Compétitivité 4.06", qui, elle, pourrait bien prendre une envergure régionale. « Le modèle est en train de se mettre en place. S'il se révèle être valable, nous en ferons un modèle duplicable. »
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Penser au modèle d'après, c'est typiquement le rôle de Nice Smart Valley. Ce démonstrateur, piloté par Enedis, chef de file du consortium qui regroupe aussi GRDF, EDF, Engie, GE, Socomec et la Métropole Nice Côte d'Azur, est installé dans l'éco-Vallée. Nice Smart Valley c'est le nom français du projet européen Interflex, décliné aussi en République tchèque, en Suède, aux Pays-Bas et en Allemagne.
Qui dit démonstrateur dit éprouver un business model. En gros, passer de l'idée sur le papier à la réalité économique. Ici, trois expérimentations sont menées, comme autant de scénarios : l'utilisation multiservice du stockage, dont l'autoconsommation, la gestion des flexibilités et l'îlotage. Des "usecase" qui doivent permettre de "tester" comment se produira et se consommera l'énergie. Et pour cela, rien de mieux que d'éprouver en faisant appel à des clients "expérimentateurs", des industriels et des particuliers, dont la phase de sélection est en train de s'achever. « Toute entreprise doit avoir une stratégie énergétique », estime Bernard Mouret, le directeur régional Côte d'Azur d'Enedis, rappelant que l'on ne badine pas avec la loi sur la transition énergétique : pour tenir les objectifs qu'elle fixe, il est essentiel de penser aux modèles, applicables très rapidement, surtout dans un contexte où les ambitions tant en matière de recours au photovoltaïque que de mobilité électrique entraînent forcément des changements dans le modèle actuel.
Faire comprendre aux entreprises que les smart grids sont une opportunité de business, c'est aussi le rôle du Club Smart Grids, porté par la CCI Nice Côte d'azur et que préside Fabienne Gastaud. Après la publication d'un guide de recommandation, c'est un nouveau guide d'évaluation qui a été mis en place, avec l'objectif de pouvoir déterminer si un bâtiment est smart ready. « Nous voulons que les bâtiments soient construits en fonction de ces recommandations », dit celle qui est aussi Pdg de l'entreprise Wit.
Ou quand les PME portent la bonne parole main dans la main avec les grands groupes. Gouverner, c'est prévoir. Et quand c'est ensemble, c'est mieux.
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ENCADRÉ
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Choisie pour diriger la chaire Philosophie et Smart City, hébergée par l'université Côte d'Azur et financée par quatre industriels - Charles Pallanca (Pdg d'Electronie), Daniel Sfecci (président de l'UIMM 06), Bernard Alfandari (Resistex) et Marcel Ragni (Ragni) - Laurence Vanin a forcément un avis sur la question. La smart city ?
Laurence Bottero