Rejeté par la commission des lois du Sénat, le texte qui porte la réforme du mode de scrutin dans les trois métropoles concernées ne devrait pas survivre à ce camouflet, alors même qu’il sera examiné par la chambre haute du Parlement le 3 juin prochain.Est-ce vraiment une surprise ? Probablement pas, tant le texte portant la réforme du mode de scrutin pour Paris, Lyon et Marseille a divisé, à gauche comme à droite, avant même son examen par la commission des lois du Sénat qui l'a rejeté à la quasi-unanimité ce 21 mai.
Une étape qui intervenait après l'adoption, le 9 avril dernier, par l'Assemblée nationale de la nouvelle mouture portée par le député Sylvain Maillard (Ensemble pour la République) et avant son examen au Sénat à partir du 3 juin prochain.
Si, sur le fond, tous s'accordent à dire que réforme il semble indispensable de faire, dans la forme, le compte n'y est pas.
Paris, Lyon, Marseille, trois cas particuliers
Le texte est notamment pointé du droit pour introduire davantage de complexité plutôt que de simplifier. Particulièrement concernée, Lyon, devrait ainsi proposer 3 scrutins - donc 3 urnes - aux électeurs le jour J.
« Nous ne sommes pas opposés dans l'absolu à un retour dans le droit commun, mais nous considérons que ce texte ne permet pas de répondre aux problématiques juridiques, constitutionnelles et financières. Nous ne comprenons pas non plus pourquoi nous avons mis trois collectivités dans un même texte. Trois urnes à Lyon, ce n'est pas très sérieux », affirme Mathieu Darnaud, sénateur de l'Ardèche, président du groupe Les Républicains au Sénat, dans un entretien accordé à La Tribune. « On voudrait voter un texte identique pour Paris, pour Lyon et pour Marseille, mais la situation des trois collectivités est très différente. A Lyon, la métropole est élue au scrutin direct. Ne serait-ce que pour une raison pratique : comment faites-vous pour tenir trois scrutins dans chaque bureau de vote ? C'est absolument impossible », renchérit Etienne Blanc, sénateur LR du Rhône, par ailleurs candidat à la mairie de Lyon en 2020.
Laurence Bottero, Emma Rodot et César Armand