Une relation qui déraille. Le 4 avril, les représentants de l'Autorité de régulation des plateformes d'emploi (Arpe) étaient de passage à Bordeaux pour informer sur les élections professionnelles à venir du 22 au 30 mai. La Maison des livreurs, lieu d'accueil pour les travailleurs éprouvés par les conditions de travail éreintantes, a refusé de les recevoir. Une certaine illustration du malaise entre le terrain et cette autorité créée pour accompagner le dialogue social.
Un lieu qui, depuis son inauguration en février 2023, a accompagné 200 livreurs qui travaillent pour Uber Eats, Deliveroo ou Stuart face à leurs difficultés administratives ou dans leurs démarches de santé. Mais à un mois et demi des élections professionnelles qui se tiendront en ligne, l'appel aux urnes ne se fait pas sentir. « Chez les livreurs que l'on voit, aucun ne compte voter parce qu'ils ne croient pas en ces élections », opine le coordinateur.
En mai 2022, les chauffeurs de VTC d'un côté et les livreurs des plateformes de l'autre avaient élu leurs représentants à l'occasion des premières élections professionnelles de ces deux secteurs. Avec des taux de participation dérisoires : 3,9 % et 1,8 %, représentant 1.500 votants, alors que l'Arpe dénombre 47.000 chauffeurs VTC et 84.000 livreurs. Associations et syndicats élus ont par la suite mené des négociations avec les plateformes. Elles sont parvenues à obtenir des accords pour une valorisation horaire minimale et pour encadrer la rupture des relations salariales. Des avancées contestées par les travailleurs.