Régionales : Carole Delga et Dominique Reynié dévoilent leur jeu
Anthony Rey
Anthony Rey
S'exprimant la première dans la matinée, Carole Delga, tête de liste du Parti socialise aux élections régionales, s'est surtout employée à dissiper les craintes sur l'autonomie financière de la Région dans les années à venir, et donc sur sa capacité d'action.
Pour les infrastructures, elle propose, comme elle l'avait fait la veille lors d'un débat organisé par la FRTP L-R, le lancement d'un "plan Marshall", consistant à mobiliser des enveloppes déjà fixées (350 M€, avec le concours de l'État et de l'Europe) afin "de continuer à investir" : sur le rail avec des priorités comme les axes Castelnaudary-Carcassonne, Narbonne-Montpellier, ou Toulouse-Tarbes, et sur la route, avec les travaux sur la RN88. Elle veut aussi favoriser l'accès des TPE à ces marchés publics, en leur réservant une part de la commande régionale au moyen d'allotissements ciblés, et en mettant en place un système d'avances forfaitaires de 15 % sans garantie.
S'agissant de la mobilité, Carole Delga évoque aussi la création d'un "RER métropolitain", qui relierait Narbonne et Nîmes, et le lancement d'un titre unique dans tous les transports publics de la région. Pour financer en partie ces dossiers, elle formule une proposition inédite.
Sur le développement économique, Carole Delga souhaite mettre l'accent sur le numérique, avec la généralisation de la téléphonie mobile et du Très Haut Débit en territoire rural (10 Mb/s), et la création de deux Cités des start-ups, à Toulouse et à Montpellier. Celles-ci agrègeraient les accélérateurs, incubateurs et sociétés de capital-risque du territoire, et seraient complétées par des lieux-tiers dans les autres villes moyennes de la future région.
Plus globalement, le développement économique s'appuierait sur un nouveau fonds d'investissement régional, afin d'aider les start-ups à évoluer en PME, et les PME en entreprises de taille intermédiaire (ETI), qui s'ajouterait au système de subventions existant. Sans en préciser la dotation.
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De son côté, Dominique Reynié, tête de liste Les Républicains, ne manque pas d'alerter sur le niveau d'endettement national ("100 % du PIB") et régional ("80 % du budget des deux régions"). Sur la base de constat, il envisage néanmoins de créer "un choc d'investissement" dont les effets devront se faire sentir dès la 1e année de mandat.
Le politologue propose notamment un plan d'aide pour la route (200 M€ annuels), un plan en faveur du BTP, en déployant 10 000 aides de 10 000 €, ciblant les primo-accédants, pour élargir l'accession à la propriété.
Sur le développement économique, Dominique Reynié annonce son intention de créer un fonds d'investissement territorial, doté également de 200 M€ par an, caractérisé par un effet levier le portant à 1 Md€ par an, en associant divers investisseurs public ou privés.
Selon les calculs du candidat LR, en décomptant les 650 M€ par an qu'il propose, et les 450 M€ par an déjà engagés par la majorité actuelle, il resterait 150 M€ à investir, pour lesquels Dominique Reynié détermine plusieurs cibles : la formation professionnelle, l'encouragement à la filière de la voiture propre, la création d'un fonds de garantie contre les aléas climatiques (visant les agriculteurs), un nouveau programme d'aménagement et de rénovation de l'habitat sur le littoral, ou encore une politique de soutien à la filière du cinéma d'animation ("un pôle technique à fort rayonnement international").
Rappelant son souci d'orthodoxie budgétaire, Dominique Reynié a chiffré à 40 M€ annuels les économies à réaliser à plusieurs niveaux : cabinet de la présidence, indemnité des élus, marché de la communication institutionnelle, etc. Surtout, il annonce un audit sur l'ensemble des dépenses de la Région, estimant que "10 % des subventions peuvent être remises en cause, soit 25 M€ par an" (la généralisation de l'ordinateur dans les lycées, LoRdi, serait notamment abandonnée). Et il promet des arbitrages plus lourds encore, sur la question de la LGV notamment.
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Globalement, Dominique Reynié insiste sur la notion de "nouvelle puissance publique régionale" vers laquelle l'institution, selon lui, doit évoluer. Cela l'amènerait à capter de nouvelles compétences, comme la sécurité des biens et des personnes, déjà citée lors d'un meeting de campagne antérieur. "Sans quoi, la fusion des régions sera compliquée, la métropolisation sera non gouvernée, et tout cela se fera au détriment des villes moyennes et de la ruralité, alors menacée de désertification".
Anthony Rey
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