Municipales : selon le politologue Emmanuel Négrier, "il y a un souci de sincérité du suffrage"
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Le politologue montpelliérain Emmanuel Négrier.
Richard Sprang
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Le politologue montpelliérain Emmanuel Négrier.
Richard Sprang
Estimez-vous équitable de ne rejouer que le 2e tour des municipales, trois mois et demi après le 1e tour ?
« La loi dit qu'il doit y avoir un écart maximum d'une semaine entre 1e et 2e tour mais le Conseil d'État, au doigt mouillé, a validé... Je pense au contraire qu'il y a un gros souci de sincérité du suffrage. On a eu un 1e tour tronqué avec un taux de participation famélique, notamment à Montpellier (34,61 % - NDLR), et pourtant on se fie à ce tour pour qualifier ou disqualifier certains candidats. Il me semble que cela constitue déjà un problème. Le Conseil d'État va probablement être saisi de nombreux contentieux. Les électeurs se sont peut-être fait voler l'élection. Pendant 3 mois et demi, les équipes municipales ont été sur la brèche, les élus sortants en situation de compétition électorale et complètement privilégiés, dans une campagne qui n'en est pas une tout en étant une. Il y a un risque important de ne pas rattraper ces inégalités entre ce qu'a pu faire un maire en poste et les autres candidats. On a donc d'un côté les maires sortants qui trouvent que c'est une bonne idée de faire les élections maintenant, et les challengers qui trouvent que situation privilégie les sortants... Ce 2e tour, compte tenu de l'erreur d'avoir organisé le 1er, c'est comme le sparadrap sur le doigt du capitaine Haddock, il faut bien s'en débarrasser ! L'exécutif n'a pas grand-chose de plus à perdre à ces élections, il l'a déjà perdu ! »
Peut-on craindre une importante abstention comme au 1e tour ?
« Oui, on risque de se heurter à un taux de participation lamentable. Je ne vois pas comment d'un seul coup, il y aurait une génération spontanée de citoyens qui se jetterait sur les urnes, d'autant que la population âgée est priée de ne pas se déplacer... »
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Ces 3 mois ½, et notamment la période de gestion de la crise liée au Covid-19, auront-ils été profitables au maire sortant de Montpellier, qui, avec 19,11 % des suffrages au 1e tour, n'a pas bénéficié de la prime au sortant ? Son action lui aura-t-elle permis de reprendre la main ?