ELECTIONS DEPARTEMENTALES (2/2) - Dans les Pyrénées-Orientales, l’incertitude plane sur le résultat des élections départementales, pourtant acquises à la gauche depuis 1998. Dans l’Aude, terre de forte tradition socialiste, on peut s’attendre à une victoire de la gauche même si le Rassemblement National devrait secouer quelque peu les habitudes.Pyrénées-Orientales : le RN surfe sur la victoire d'Aliot aux municipales
«Personne n'est capable, à l'instant où je vous parle, de livrer un pronostic fiable sur le résultat des élections départementales dans les Pyrénées-Orientales», confie un observateur avisé de la vie politique locale.
Pour la première fois depuis 1998, la gauche (PS-PC) est sérieusement mise sur la sellette. Signe du malaise, celle-ci tente de jouer la carte de la sécurité : la présidente sortante PS Hermeline Malherbe a choisi de quitter son canton actuel de Perpignan VI pour se présenter sur celui des Aspres, traditionnellement acquis au PS. De même, la majorité sortante mise sur les valeurs sûres plutôt que sur la nouveauté : deux-tiers de ses conseillers sortants brigueront un nouveau mandat.
Face à elle, le RN représente désormais un réel adversaire : le parti, porté par la victoire de Louis Aliot aux dernières municipales à Perpignan, présente une liste menée par Alain Cavalière, ancien président du Tribunal de commerce. Celui-ci a réussi à rassembler des candidats sur les 17 cantons et affirme clairement sa volonté de l'emporter. Si la quasi-totalité de ceux-ci sont inconnus du grand public, le RN affiche une « belle prise » en la personne de Gilles Foxonet, maire de Baixas, qui était pressenti pour être investi par Les Républicains.
Quant à la droite traditionnelle, menée par le sénateur LR Jean Sol, elle était donnée gagnante il y a encore quelques mois, mais ce pronostic est aujourd'hui mis à mal. Elle n'a pas su faire alliance avec les Marcheurs et ainsi bénéficier de l'aura du premier ministre... Jean Castex, ancien maire de Prades, avait pourtant mené les candidats UMP aux précédentes élections de 2015. Pour ces élections 2021, il manque aux Républicains des candidats sur quatre cantons. Ceux-ci ne pourront pas non plus compter sur la popularité locale du maire du Barcarès Alain Ferrand, un temps envisagé comme une option, puis officiellement désavoué par Les Républicains en raison de ses démêlés avec la justice (mis en examen le 6 mai 2021 pour extorsion de fonds en bande organisée, concussion et destruction de preuves, et interdit de territoire dans les Pyrénées-Orientales depuis).