Philippe Saurel renvoie 7 vice-présidents de la Métropole
Anthony Rey
Anthony Rey
Le conseil extraordinaire de Montpellier Méditerranée Métropole, le 5 juillet, s'est tenu dans un climat de vives tensions. A l'ordre du jour figurait la décision de maintenir ou démettre de leur fonction sept vice-présidents refusant d'intégrer le nouveau groupe majoritaire (une cinquantaine d'élus y siègent déjà) baptisé « La République en Marche et apparentés ».
En effet, le 19 juin dernier, le président de la Métropole de Montpellier et maire de la Ville, Philippe Saurel, avait annoncé sa volonté de transformer le groupe issu des élections de 2014, « Montpellier, c'est vous » (liste citoyenne divers gauche), en groupe apparenté à la nouvelle majorité présidentielle. Et il avait aussitôt imposé à ses propres vice-présidents d'y adhérer, sous peine de perdre leur délégation.
Les sept élus récalcitrants sont la 1e vice-présidente Catherine Dardé (déléguée à la cohésion sociale, adjointe au maire de Castenau-le-Lez), le 4e v.-p. Cyril Meunier (délégué à la propreté, maire de Lattes), le 12e v.-p. Pierre Bonnal (délégué aux RH, maire du Crès), la 11e v.-p. Isabelle Touzard (déléguée à l'agro-écologie, maire de Murviel-lès-Montpellier), le 13e v.-p. René Revol (délégué au service public de l'eau, maire de Grabels), et le 19e v.-p. Jean-François Audrin (délégué à la culture scientifique, maire de Saint-Georges-d'Orques). Ce dernier, désireux de « rester maître de ses décisions », avait démissionné le 26 juin sans attendre le vote du conseil extraordinaire.
Avant de procéder au vote, près de trois heures d'échanges - pas exemptes d'invectives - ont été consacrées à discuter le bien fondé des décisions de Philippe Saurel. Très émues en prenant la parole, Isabelle Touzard et Catherine Dardé ont déploré ce choix, cette dernière reprochant à Philippe Saurel d'être devenu « un autre homme », et de « blesser la démocratie locale ».
Fréquemment interpellé sur ce registre, Philippe Saurel a rappelé sa position, exprimée au lendemain du 1er tour de l'élection présidentielle : il veut renforcer la cohésion de son équipe dans les trois ans à venir (et les prochaines élections municipales et communautaires, ces dernières pouvant se dérouler, pour la première fois, au suffrage universel).
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Avec un vote (à bulletins secrets) excédant souvent les 50 voix en faveur du « non maintien » de chacun des vice-présidents, ceux-ci sont donc démis de leur fonction, et par la voie d'un deuxième vote, ont été remplacés par :
La présidence du nouveau groupe « La République en Marche et apparentés », à la Ville et à la Métropole, avait été confiée, avant même l'organisation de ce vote, à Abdi Elkandoussi, conseiller municipal, métropolitain et départemental.
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Conséquence inattendue de cette journée qui risque de compter dans la courte histoire de la Métropole : celle-ci croule désormais sous les groupes politiques. En face du nouveau groupe majoritaire imposé par Philippe Saurel figurent « Libres et humanistes », déjà existant et emmené par la centriste Anne Brissaud, et « Action Cohésion Territoire métropolitain » (ACT), formé le jour même par le maire de Beaulieu, Arnaud Moynier. D'un air mi-amusé mi-circonspect, Jacques Domergue, président du groupe Les Républicains, a profité de ce vote pour annoncer sa dissolution, et son association, au cas par cas, avec ACT.
Anthony Rey
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