La colère qui gronde dans les offices publics HLM partout en France prend sa source dans la politique logement annoncée par le gouvernement et confirmée par le président Emmanuel Macron le 15 octobre : faire baisser la dépense publique par une diminution des APL en lien avec une baisse des loyers HLM.
Alors que l'examen du projet de loi de finances pour 2018 débute mardi 17 octobre en séance publique à l'Assemblée nationale (pour une adoption définitive au plus tard le 22 décembre), cette journée a été décrétée journée d'action nationale pour dénoncer cette politique et demander le retrait de l'article 52 du projet de loi de finances, intitulé « Réforme des aides au logement et de la politique des loyers dans le parc social ».
Les mesures proposées par l'État se traduisent par une baisse de 65 € d'APL par mois à compter du 1e janvier 2018, compensés par une baisse du loyer de 60 € pour les locataires des offices HLM bénéficiaires de l'APL (67 % des locataires chez Hérault Habitat).
De quoi, selon les organismes HLM, condamner la production de logements neufs, ralentir les efforts de rénovation et remettre en cause le fonctionnement du système du logement social, voire même anticiper sa destruction.
Car la perte de recettes consécutive à la baisse des loyers s'élèvera ainsi à 1,7 Md € par an pour les OPH (soit 822 M€ de perte d'autofinancement), et pour Hérault Habitat (patrimoine de 12 100 logements) à « 5,7 M€, soit 63 % de l'autofinancement net et 90 % de l'autofinancement courant », assène Vincent Gaudy, le président de Hérault Habitat, qui dénonce un risque de déstabilisation sans précédent du logement social et de ses locataires.
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Les OPH sont d'autant plus en colère que le gouvernement n'exige aucun effort sur le parc privé, et annonce, dans le même temps, une baisse d'au moins 3 Mds € de l'ISF, « alors que l'État doit aujourd'hui 2 Mds € aux organismes HLM, 640 000 € à Hérault Habitat, au titre des opérations de construction en cours », ajoute le DG.
L'organisme héraultais est-il en danger ? Vincent Gaudy répond : « On a un an de sursis, certains OPH quelques mois ».
Si les mesures s'appliquent, le délai d'attente pour accéder à un logement social, qui est en moyenne de trois ans aujourd'hui, passerait mécaniquement à trois ans et demi.
Le représentant héraultais de la Confédération syndicale des familles fustige « une politique faite pour les riches, qui va mettre les locataires encore plus en difficulté ».
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Hérault Habitat évoque également les quelque 146 à 280 emplois du BTP qui pourraient être supprimés dans le département par la réduction de l'activité (4 000 sur l'ex-Languedoc-Roussillon, 300 000 en France), ainsi qu'une mixité sociale clairement menacée.
Avec cette journée de mobilisation, les OPH demandent qu'une véritable concertation s'engage entre l'État, les élus locaux et les acteurs du logement social.
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