C'était une promesse de campagne électorale durant les municipales, et l'une des plus discutées. La gratuité des transports en commun pour les habitants de la Métropole de Montpellier est en passe de devenir une réalité. Son déploiement se fera en trois phases, la première étant la gratuité le week-end à compter du 5 septembre prochain. Viendront ensuite la gratuité certainement sur un critère d'âge, puis la gratuité totale d'ici la fin du mandat.
Sur les affiches qui seront placardées partout - où les usagers sont masqués, contexte de crise sanitaire oblige - la collectivité clame ses motivations : « engagement face au changement climatique », « se mobiliser pour le pouvoir d'achat » et « renforcer l'attractivité des commerces de proximité ».
Pour expliquer sa démarche et sa mise en œuvre, l'édile a invité Maxime Huré, président du comité scientifique de l'Observatoire des villes du transport gratuit (35 à ce jour), qui évalue scientifiquement les effets de cette gratuité (y compris les gratuités partielles), notamment les grandes transformations urbaines occasionnées.
L'un des enjeux majeurs, c'est l'effet de la gratuité sur les jeunes : « Cela peut retarder le passage du permis ou l'acquisition d'une voiture, les aider à gagner en autonomie, décloisonner certains quartiers, et augmenter leur pouvoir d'achat. Dans une ville étudiante comme Montpellier, ça a un sens ».
Cette mesure - « prolongement logique de la tarification sociale et solidaire », selon Julie Frêche, vice-présidente déléguée au transport et aux mobilités actives - se veut aussi porte d'entrée de la collectivité dans la transition écologique du territoire.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Pour ce qui est de l'offre de trottinettes en libre-service, Michaël Delafosse, qui se dit « très à cran sur ce sujet », affirme qu'il refusera catégoriquement d'avoir des trottinettes abandonnées n'importe où dans la ville comme on a pu le voir à Paris, mais que la collectivité étudie l'offre de nouveaux opérateurs qui proposent d'autres dispositifs.
Le maire précise par ailleurs que le projet d'équiper la collectivité d'une cinquantaine de bus à hydrogène (et d'une station de production d'hydrogène par électrolyse) à horizon 2025, initiée par la précédente équipe municipale, est toujours d'actualité : « J'ai dit à la présidente de Région Carole Delga que Montpellier participera à structurer la filière hydrogène. Les bus que nous allons commander répondront à cette technologie qui commence à faire ses preuves ».
À lire également
Sur l'épineuse question du financement de cette mesure, et alors que la TAM* (société d'économie mixte chargée par délégation de service public des transports en commun de la Métropole montpelliéraine) pourrait perdre entre 12 et 20 M€ de recettes commerciales (sur 39 M€) du fait de la crise sanitaire, Julie Frêche explique que la collectivité s'est basée sur une enquête "Ménages et déplacements" de 2014 actant que 90 % de métropolitains et 10 % de non-métropolitains prenaient les transports en commun.
* La TAM revendique 12 millions de km et 90 millions de voyages par an.
« Sébastien Lecornu est un homme averti et habile, qui saura trouver des compromis raisonnables » (Patrick Martin, Medef)
TER à 1 euro : en Occitanie, la mesure démontre des vertus et des points de fragilité
Déserts médicaux : « La fracture sanitaire se creuse en Occitanie »
Les collectivités recourent de plus en plus aux cabinets de conseil, selon les Chambres régionales des comptes