Première marche vers une possible victoire pour la candidature de Montpellier-Sète au titre de Capitale européenne de la culture 2028 : le 3 mars, le jury, composé d'experts indépendants dans le domaine de la culture ou du développement urbain basé sur la culture, a annoncé retenir la candidature héraultaise pour le second tour parmi quatre finalistes. Les trois autres sont Rouen, Clermont-Ferrand et Bourges. Ont donc été recalées les candidatures des villes de Saint-Denis, Reims, Amiens et Nice.
Le franchissement de cette étape ouvre un nouveau chapitre, avec un nouveau dossier qui sera remis en novembre prochain pour une désignation attendue fin 2023.
L'initiative, créée en 1985, permet depuis 2009 à deux villes de deux pays membres de l'Union européenne de se partager le label. En 2028, il s'agira de la France et de la République Tchèque. A ce jour, quatre villes françaises ont reçu ce titre : Paris en 1989, Avignon en 2000, Lille en 2004 et Marseille en 2013.
LA TRIBUNE - Comment qualifier la dynamique enclenchée sur le territoire ? Elle est plutôt inédite en matière de culture...
Emmanuel NEGRIER, directeur du Centre d'études politiques et sociales (CEPEL) de l'université de Montpellier, chercheur CNRS - La particularité de cette candidature, c'est qu'elle a un peu navigué : elle a d'abord été portée par l'ancien maire Philippe Saurel, qui l'avait finalement un peu laissée de côté à la fin de son mandat, avant de retrouver une dynamique après l'élection de Michaël Delafosse (PS, ndlr) en 2020. La nouveauté, c'est cette alliance avec Sète mais aussi tout un territoire (la candidature Montpellier-Sète engage la Métropole de Montpellier, Sète Agglopôle Méditerranée, la Ville de Sète, la Région Occitanie, le Département de l'Hérault, la communauté de communes du Pays de Lunel, la communauté de communes du Grand Pic-Saint-Loup, la communauté de communes Vallée de l'Hérault, l'Agglomération Hérault Méditerranée, et l'ensemble des acteurs culturels du territoire - NDLR), avec l'idée de faire quelque chose de nouveau et d'assez tendance : ce sont moins des villes, c'est à dire des lieux, qui candidatent que des territoires. Ça prend un tour singulier par rapport à l'histoire des politiques culturelles : dans "Culture et Métropole - Une trajectoire montpelliéraine" (paru en janvier 2021 dans la collection Les cahiers POPSU, signé Emmanuel Négrier et Philippe Teillet, NDLR), on observait déjà que Montpellier était la Métropole qui avait le niveau le plus élevé de transfert de compétences culturelles des communes vers une métropole, avec Clermont-Ferrand d'ailleurs, et pourtant, on restait un peu sur sa faim dans le bilan de cette "intercommunalisation" de la culture, sur la réalité d'un projet culturel du territoire. Cette "intercommunalisation" ne s'est pas suffisamment concrétisée, et notamment le rapport des communes à la culture est plutôt resté centripète. C'est à dire que la Métropole finance la culture mais ce sont surtout des équipements montpelliérains qui en bénéficient.