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L’Oncopole de Toulouse, "parmi les 10 meilleurs centres mondiaux d’ici à 10 ans"

Sophie Arutunian

Publié le 22 avril 2015 à 14:27 - Mis à jour le 22 avril 2015 à 14:31

Le Quotidien Numérique

04 juin 2026

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Un vent de dynamisme et d'optimisme souffle sur la fondation Toulouse Cancer Santé (ex-InnaBioSanté). Depuis son changement de nom et de stratégie il y a presque un an, la fondation créée par Philippe Douste-Blazy a réussi à fédérer autour d'elle 72 entreprises de Midi-Pyrénées afin de financer la recherche contre le cancer, mais aussi l'installation à Toulouse de startups et de chercheurs réputés. Le scientifique Christophe Cazaux, directeur de la fondation, espère faire de l'Oncopole "un des 10...

Il y a un an, InnaBioSanté est devenue Toulouse Cancer Santé. Qu'est-ce que cela a changé concrètement ?
Il y a eu une simplification du paysage. L'Institut Claudius Regaud a déménagé sur le site de Langlade, formant ainsi, avec le CHU, l'Institut universitaire du cancer de Toulouse - Oncopole. La direction a décidé que, prochainement, les dons dont bénéficiait l'institut seraient basculés sur la fondation. Par ailleurs, l'Association Oncopole a été dissoute et c'est désormais Toulouse Métropole (notamment Benjamin Gandouet), qui prend en charge, de façon complémentaire à la fondation, le "vivre ensemble" et le développement économique sur l'Oncopole.
Ainsi, notre fonctionnement ressemble à celui de l'Institut Curie à Paris : il y a l'institut d'un côté (l'IUCT, pour la recherche et le soin) et la fondation de l'autre (Toulouse Cancer Santé, pour l'attractivité). La fondation est le réceptacle financier unique, privé-public, pour soutenir spécifiquement la recherche sur le cancer à Toulouse et promouvoir l'attractivité du site.

Vous avez lancé, en octobre 2014, l'opération "3 dons, 3 filleuls, 3 dîners" qui vise à mobiliser les industriels de la région autour de la fondation. Où en êtes-vous ?
Malgré la crise, c'est un vrai succès. Les industriels sont mobilisés, on sent qu'il se passe quelque chose, une vraie dynamique. Le 3 octobre 2014, lors du premier dîner organisé par la fondation, nous avions 20 chefs d'entreprises "ambassadeurs" présents. Lors du dernier dîner organisé au Muséum, le 2 avril dernier, il y avait 72 entreprises représentées. Ces ambassadeurs s'engagent pour trois ans à financer la fondation (de 3 000 à 50 000 euros) et apportent chaque année trois "filleuls" qui s'engagent à faire de même. Pour le moment, nous avons recueilli 230 000 euros en six mois. Ce n'est pas extraordinaire, mais grâce à ce système de "pyramide de Ponzi" vertueuse, nous pourrions atteindre théoriquement plus d'un million d'euros l'année prochaine et 13 millions l'année d'après. L'objectif est d'atteindre 20 millions d'euros en cinq ans, en prenant en compte également les dons des particuliers et les "gros" donateurs industriels.

Qui sont les chefs d'entreprises mobilisés ?
Tous les secteurs sont représentés. Patrick de Castelbajac (ATR), Anne-Marie de Couvreur (Mediameeting), Rudy Secco (Midi Capital) ou encore Olivier Sadran (Newrest) font partie des ambassadeurs et ont fait un chèque pour la fondation. Il y en a beaucoup d'autres.

La mission principale de la fondation est d'attirer des startups et des chercheurs de grande notoriété sur l'Oncopole. Quels sont les résultats ?
La fondation a financé cette année deux jeunes femmes qui sont venues des États-Unis et d'Allemagne pour monter leur startup à Toulouse. L'une travaille sur la question des métastases, l'autre sur la neurotoxicité des médicaments contre le cancer. Elles sont accueillies au centre Pierre Potier, à coté de l'IUCT. L'objectif est d'accompagner 4 ou 5 entreprises chaque année, avec un appel d'offres par an. Cela peut paraître peu, mais il faut savoir que la fondation ne "saupoudre" pas. Quand elle donne de l'argent, elle en donne suffisamment pour être efficace. Par ailleurs, nous allons recevoir le 7 mai les dirigeants de Sanofi et Evotec pour parler du Bioparc qu'ils veulent développer à deux pas de l'IUCT.

Concernant les chercheurs de renom, un grand industriel va prochainement cofinancer, avec la fondation, la venue d'un chercheur de renommée internationale. Je ne peux pas en dire plus pour le moment.

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L'Oncopole devient donc attractif ?
Il y a un vrai emballement depuis octobre. Nous avons reçu, il y a peu de temps, la PDG des laboratoires Roche, mais également la vice-présidente de GSK. Je recevrai prochainement les dirigeants de la startup américaine Moderna, une société mondiale de biotech. Je ne dis pas qu'ils vont s'installer ici mais, en tout cas, ils nous ont appelés de Boston. Par ailleurs, nous accueillons volontiers des sociétés du secteur de la santé, même si ces secteurs doivent être connexes à la lutte contre le cancer. Il y a bel et bien dans le nom de la fondation le mot "santé", pas uniquement "cancer".

Vous allez lancer, en mai, une opération de communication d'envergure "Yes, I Scan". Pourquoi cette communication à grand échelle ?
L'opération "Yes I Scan" sera lancée le week-end du 8 mai, lors du match de foot TFC-Lille. Une bâche avec un QR code géant sera étalée le terrain. Il y aura aussi une campagne importante sur les réseaux de Tisséo. Une bâche avec un QR code géant sera également suspendue sur le Pont Neuf. Cette campagne, d'un coût de 20 000 euros, vise à sensibiliser le grand public et à créer une "viralité" positive via les réseaux. Elle permettra à tout un chacun de faire un don directement, grâce à son téléphone mobile. Je ne sais pas combien peut rapporter cette opération, mais elle nous permettra en tout cas de gagner en notoriété. Les gens doivent savoir que s'ils veulent aider l'Oncopole, il n'y a que la fondation comme interlocuteur. Pour gagner en visibilité, nous essayons d'être innovants : on ne fait pas dans l'enfant malade qui donne le coup d'envoi du match.

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Peut-on espérer que l'on trouve un jour à Toulouse le médicament contre le cancer ?
Je ne sais pas si c'est à Toulouse que l'on va éradiquer le cancer. Mais il faut savoir une chose : le cancer, on en guérit une fois sur deux. L'objectif international est de passer à deux sur trois dans les années qui viennent. Tous les trois ans, on gagne 5 % de survie, donc le match contre le cancer, on le gagne. Et Toulouse doit contribuer largement à cette bataille-là. L'objectif pour nous est de faire partie, d'ici à 10 ans, des 10 meilleurs centres mondiaux, sur le critère en particulier de la survie du malade. Sur 100 personnes qui rentrent à l'IUC, combien sont guéries à la sortie ? C'est cela qui compte.

La fondation Toulouse Cancer Santé est située au sein de l'Institut universitaire du cancer de Toulouse - Oncopole, à Toulous

Sophie Arutunian

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