La CCI 31 et Toulouse Métropole s'allient face à la baisse des dotations de l'État
Sophie Arutunian avec Jean-Philippe Dejean
Sophie Arutunian avec Jean-Philippe Dejean
Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse Métropole, et Alain Di Crescenzo, président de la CCI 31, ont signé à Paris le 30 juin 2015 une déclaration commune afin d'amplifier leur collaboration dans le domaine économique. Douze autres présidents de métropoles et de CCI en ont fait de même, sous l'égide de l'ACCIM (associations des CCI métropolitaines présidée par Pierre Goguet, président de la CCI de Bordeaux). Les CCI situées dans les métropoles françaises demandent notamment la reconnaissance, dans la loi, d'un statut de CCI métropolitaine.
Plusieurs éléments de contexte sont à l'origine de cette initiative.
Plus de 60 % de la population française résident dans une aire urbaine de plus de 100 000 habitants. C'est notamment sur ce postulat qu'a été votée le 27 janvier 2014 la loi Maptam d'affirmation des métropoles, dont l'objectif est de doter les plus grandes villes de France de compétences économiques. Il s'agissait alors de leur reconnaître leur place particulière : terreau de l'innovation, pourvoyeuses d'emplois tertiaires, rayonnement régional, national et international.
Parallèlement à cette montée du "fait métropolitain", le réseau consulaire (les CCI) a été remis en cause en 2014 par une baisse des dotations de l'État (via le pacte de responsabilité et de solidarité). Les CCI, outil de développement économique dirigé par des chefs d'entreprise, font ainsi face à un impératif d'économies et de mutualisations, tout comme les métropoles.
Enfin, la réforme territoriale vient ajouter une pointe de complexité puisqu'elle pose la question de la répartition des compétences économiques entre Région et Métropole.
Ainsi, les présidents de métropoles et de CCI se sont mis d'accord pour renforcer leur coopération autour de 4 axes stratégiques :
À l'exception de Paris et Lyon, les métropoles françaises manquent de visibilité à l'international. Le programme prévoit ainsi plusieurs actions et notamment la construction d'"un réseau métropolitain intégrant les entreprises, les collectivités et les CCIM, permettant de constituer une approche multilatérale et d'appréhender la France comme une grande métropole en réseau".
Pour favoriser l'implantation de nouvelles entreprises sur le territoire métropolitain, les signataires entendent notamment travailler sur les transports et "faire un état régulier des besoins des entreprises pour optimiser la mise en réseau des métropoles françaises et leurs connexions à l'Europe et au reste du monde".
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L'objectif consiste à renforcer les filières d'excellence des métropoles en s'appuyant "sur toutes les entreprises, les centres de recherche, les universités et les écoles les plus performantes".
Dans cette perspective, présidents des métropoles et des CCIM déclinent plusieurs actions, avec en premier lieu l'identification et le développement de "leurs filières d'excellence dont : le numérique, le tourisme d'affaires, les filières liées à la transition énergétique et à la croissance verte, les filières d'innovation urbaine".
Ce mot d'ordre vise à aller au-delà des 1 000 PME en France qui réalisent à elles seules 70 % des exportations. Dans leur déclaration commune, les partenaires s'engagent tout d'abord à "définir un corpus commun de missions à l'international dans un souci de coordination et d'optimisation des actions menées par les métropoles et les CCIM".
Les signataires de la déclaration souhaitent également que le statut des CCI métropolitaines soit reconnu par la loi "pour qu'elles soient en mesure d'accompagner efficacement les stratégies de développement économique mises en œuvre par les métropoles, ouvrant ainsi la voie à des contractualisations plus affirmées et lisibles entre les Métropoles et les CCI métropolitaines".
Pour Alain Di Crescenzo, président de la CCI de Toulouse, "il faut créer un statut adéquat aux nouvelles métropoles".
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Aujourd'hui, il existe trois niveaux : CCI France, les CCI régionales et les CCI territoriales. "Il ne s'agit pas forcément de créer un nouveau statut de CCI métropolitaine mais, quand il y a une métropole, de remplacer un des échelons déjà existants", explique l'ACCIM.
Et le calendrier est serré : l'objectif est de finaliser ce changement de statut avant les élections consulaires de novembre 2016.
Sophie Arutunian avec Jean-Philippe Dejean
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