L’Occitanie est-elle sur la carte de France de François Fillon?
Marie Corbel
Marie Corbel
« Parmi les nouvelles régions, certaines sont équilibrées, nous les conserverons, certaines sont notoirement trop vastes. Il faudra les réduire. » Tel est l'un des points du programme de François Fillon. Et parmi lesdites régions « trop vastes » figurent l'Occitanie.
Cette révision vise à « revoir le découpage à la marge, en bordure des régions », c'est-à-dire les territoires qui se trouvent en position excentrée par rapport aux nouveaux centres de décision.
Dans le cas de l'Occitanie, Yves d'Amécourt cite le cas du Gard où « les gens se sentent divisés entre l'Occitanie et Paca ». Mais l'élu girondin évoque également les Pyrénées-Orientales « où les gens se posent des questions » et le Gers.
Sous cet angle, la proposition de François Fillon ne bouleverse pas la réforme territoriale engagée en janvier 2014 par François Hollande : la loi procédant au redécoupage des régions prévoit une disposition qui permet à un département de quitter une région pour une autre dans certaines conditions.
Néanmoins, sous l'impulsion d'une volonté politique en faveur d'un nouveau redécoupage des régions, ces modifications « à la marge » pourraient prendre une toute autre dimension. Davantage proactif que le texte législatif, François Fillon envisage d'organiser des consultations sur le territoire.
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Ce débat pourrait faire émerger des velléités d'indépendance dans des départements qui ne sont pas limitrophes d'une autre région. En d'autres termes et dans le cas de l'Occitanie, ce n'est pas seulement le Gard qui pourrait soulever la question d'un départ d'Occitanie mais aussi certains élus héraultais désireux de retrouver leur place centrale dans l'ancienne région Languedoc-Roussillon. D'ailleurs, Philippe Saurel, le maire et président de la Métropole de Montpellier s'est récemment exprimé dans ce sens dans la presse régionale.
Sous cet angle, le projet de François Fillon ne serait pas qu'une évolution « à la marge » qui maintiendrait constant le nombre de région car il occasionnerait la renaissance d'ancienne région.
Interrogé sur cette perspective, Yves d'Amécourt botte en touche mais laisse entrevoir la possibilité qu'une région Languedoc-Roussillon renaisse de ses cendres.
Une troisième voie est également proposée par l'équipe de campagne de François Fillon aux départements ambivalents sur leur appartenance régionale.
Quoiqu'il en soit, ce projet est porté par une autre ambition, celle de fusionner les départements et les régions afin de réduire le nombre d'échelons administratif. Le candidat à la présidentielle souhaite la création d'un statut de conseiller territorial unique (déjà créé en 2010 puis abrogé par François Hollande).
Marie Corbel