L’Occitanie, une union contre-nature ?
Marie Corbel
Marie Corbel
Saint-Valentin ou pas, en matière d'affinité, Toulouse et Montpellier partent de loin et la relation entre leur deux régions respectives est, à ce jour, tout sauf fusionnelle. C'est ce que révèle une étude menée conjointement par l'Insee Occitanie et l'Agence d'urbanisme et d'aménagement Toulouse aire métropolitaine (AUA/T), le 14 février, dans les deux métropoles.
L'étude analyse l'ensemble des aires urbaines d'Occitanie (au nombre de 24) et les relations qu'elles entretiennent ensemble ou avec des aires urbaines des régions limitrophes. L'intensité des « relations » est appréciée au regard des flux de personnes et d'entreprises. Les déplacements domicile-travail, les déménagements, les migrations résidentielles des étudiants ou encore les transferts d'établissements sont autant de données utilisées pour déterminer des réseaux de territoires.
Premier constat des deux auteurs de cette étude, Bernard Nozières de l'Insee Occitanie et Sylvain Alasset de l'AUA/T : impossible de se cantonner aux limites administratives de l'Occitanie car, en matière de flux, « les frontières entre les territoires sont particulièrement poreuses ». Résultat : l'étude porte sur « la moitié sud de la France continentale », soit 92 aires urbaines.
Le second résultat du travail était « attendu » : il s'agit de l'existence de deux principaux réseaux d'aires urbaines en région, l'un dit de Toulouse et l'autre de Montpellier. Il en existe un troisième, « plus petit », avec Perpignan.
« Plus étendu » que celui de Montpellier, le réseau de Toulouse compte deux millions d'habitants répartis sur treize aires urbaines dont Agen et Villeneuve-sur-Lot, en Nouvelle-Aquitaine. Côté ex Languedoc-Roussillon, le réseau de Montpellier est composé de sept aires urbaines qui concentrent 1,4 million d'habitants. Celui-ci se caractérise par « des liens importants en son sein plus intenses que ceux du système toulousain ».
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« Plus adossés qu'entrelacés », ces deux grands réseaux régionaux entretiennent peu de relations. Ainsi, en matière de déplacement domicile-travail, seuls 2 % des flux étudiés s'effectuent entre Toulouse et Montpellier.
La proportion des flux réalisés entre le réseau de Toulouse et celui de Montpellier s'accroit lorsqu'il s'agit des déménagements : elle est de 13,2 % pour les étudiants et de 16 % pour l'ensemble des personnes.
Le réseau urbain de Toulouse et celui de Montpellier n'expriment pas une attirance spontanée mais cela n'augure pas de la suite, précise Jean-Philippe Grouthier, le directeur de l'Insee Occitanie :
Autre lot de consolation : l'hétérogénéité mise en évidence en Occitanie se retrouve également dans d'autres nouvelles régions telles que la région Grand Est avec « la partie Alsace qui reste assez autonome » ou encore la région Auvergne-Rhône-Alpes avec des réseaux urbains qui sont également « loin de s'agréger ».
Marie Corbel