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Que faire face à la crise de la dette?

Éric Leroux

Publié le 27 septembre 2011 à 10:51 - Mis à jour le 27 septembre 2011 à 10:53

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Des dettes qui gonflent jusqu'à l'insupportable, des prêteurs qui se méfient et des taux qui montent : loin de la fiction, c'est le scénario qui se joue aujourd'hui. Il existe des parades.

Restructuration de la dette grecque, soutien européen à l'Irlande et au Portugal, menaces sur l'Italie dégradée par Standard & Poor's, plans de réduction des déficits dans la plupart des grands pays : l'explosion de la dette des États, et leur possible incapacité à rembourser leurs créances, n'est plus un risque théorique. La défaillance de la Grèce se traduit déjà par une perte de 21 % de la valeur de ses obligations, perte qui pourrait bien monter à 50 % en cas de nouveau défaut.

Si son impact est limité pour les investisseurs (ce sont surtout les cours de Bourse des banques qui plongent), la contagion à de plus grands pays serait catastrophique : « Une défaillance des grands États créerait une crise systémique, car banques et compagnies d'assurances seraient entraînées dans la chute, sans possibilité d'être secourues par leurs États », explique Cyril Blesson, économiste au cabinet Pair Conseil-Les cahiers de l'épargne. C'est toutefois un scénario auquel il ne croit pas une seconde : « Avant d'en arriver là, les États pourraient mettre en place des stratégies coercitives, comme un emprunt forcé par exemple ».

L'explosion de la dette et les craintes face aux capacités des États à rembourser se traduisent sur les marchés par une augmentation des taux d'intérêt pour les pays jugés à risque, puisque les investisseurs réclament une rémunération supplémentaire. Cette hausse des taux se traduit mécaniquement par une perte de valeur des obligations déjà émises. Ainsi, chaque baisse de notation d'un État fait reculer le cours de ses obligations en Bourse. Dans un tel cas de figure, mieux vaut éviter d?orienter les clients vers des obligations d'États, d'autant que les autorités peuvent décider de laisser filer l'inflation pour alléger les remboursements. À moins que ce ne soit la récession qui s'installe.

Miser sur les obligations privées
Pour traverser une telle bourrasque, il existe peu d'abris et la notion de sécurité devient floue. Les obligations d'entreprises représentent un bon compromis, à condition de choisir des fonds qui jouent sur les durations courtes (ils investissent dans des obligations de 1 à 3 ans), car ils sont moins sensibles à la hausse des taux. Ou, mieux, en misant sur des fonds qui jouent les taux variables, puisqu'ils bénéficient automatiquement de toute remontée des taux. Pour beaucoup de spécialistes, les obligations à haut rendement semblent également indiquées dans ce cas de figure, pour tirer parti des exagérations des marchés.

Se concentrer sur les États les plus solides
La faillite ayant une très faible probabilité de frapper l'Allemagne ou les États-Unis, ou d'autres États relativement sains, « leurs emprunts peuvent s'avérer un refuge dans ces périodes tourmentées », rappelle Cyril Blesson. C'est d'ailleurs le cas actuellement et cela conduit à une baisse des taux historique : l'emprunt allemand à 10 ans sert 1,7 % de rendement par an, soit moins que l'inflation : c'est le prix de la sécurité.

 Sécuriser les portefeuilles avec ?des biens réels

Quand tout s'effondre et que la confiance disparaît, les biens réels retrouvent tous leurs charmes. L?or joue ici pleinement son rôle de sanctuaire. Il a d?ailleurs récemment afficher un nouveau record à 1.921 dollars l'once, avant de se replier. Les autres biens réels, comme les terres, l'immobilier ou l'art, offrent aussi l'avantage d'être à l'abri de la perte de valeur de la monnaie. Quant aux actions non cotées, elles permettent d'avoir des actifs décorrélés des marchés boursiers. Mais pas forcément sans risque...

Éric Leroux

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