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Une exposition sur les dettes souveraines qui va peser sur les provisions

Laura Fort

Publié le 24 octobre 2011 à 06:43 - Mis à jour le 24 octobre 2011 à 06:45

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Si les assureurs sont très exposés aux dettes d'État de la zone euro, l'impact n'est pas le même que pour les banquiers.

Les assureurs gèrent plus de 1 .600 milliards d'euros d'actifs, dont 33 % investis en obligations d'État. Comme les banquiers, ils détiennent des obligations d'État de la zone euro dans leurs portefeuilles (voir tableau). Malgré tout, leur « business model » est différent de celui des banquiers. L'incidence n'est donc pas la même pour les assureurs. « Bien sûr que les résultats annuels vont être impactés par cette baisse de rendement et par d'éventuelles provisions pour dépréciation sur des lignes actions. Mais la profession résiste à ce type de crise financière », déclarait Jean-Philippe Thierry, vice-président de l'Autorité de contrôle prudentiel (ACP), le 3 octobre. Car les assureurs ont les moyens d'absorber ce type de chocs et de lisser leurs pertes dans le temps.

Alors que les banquiers prennent les risques à 100 % sur leurs fonds propres, ils disposent de « coussins » qui permettent d'aplanir les pertes imputables aux assurés ou aux actionnaires, et les taux de rendement des contrats d'assurance-vie. Parmi ces amortisseurs, on trouve la participation aux bénéfices différée ou encore la provision pour participation aux excédents (PPE). Celle-ci est dotée les bonnes années, et reprise les mauvaises. CNP Assurances a, par exemple, puisé 353 millions d'euros fin juin sur sa PPE au titre de la dépréciation des titres grecs. Sauf que la PPE n'est pas un puit sans fonds...

« Impacts résiduels »

Pour les assureurs, il convient aussi de regarder à la fois l'exposition brute et nette. La première comprend le total des expositions porté au bilan. L'exposition nette correspond à l'exposition brute retranchée de ce qui peut être absorbé par les provisions et de ce qui a été imputé au rendement des contrats. Cela signifie que, pour les assurés, le capital comme les intérêts acquis depuis l'ouverture du contrat sont intouchables. Mais le rendement peut en revanche être entraîné à la baisse. Tout dépend des marges de manoeuvre de l'assureur par rapport à son agilité en termes de gestion d'actifs et du niveau de ses provisions.

À ce jour, la plupart des assureurs ont déjà absorbé les pertes de valeurs de leurs expositions souveraines. Et ce, en valeur de marché pour certains comme Axa, Allianz, Generali ou Munich Re. Selon une étude de Raymond James Euro Equities, « les impacts à venir sont résiduels : inférieurs à 0,5 % des fonds propres ». Mais d'aucuns pourraient se trouver en difficulté si le risque souverain vient s'ajouter à d'autres défaillances. Et tout comme pour les banquiers, le problème se corsera si l'Italie ou l'Espagne viennent à dévisser.

Laura Fort

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