"Il faut casser l'âgisme" dans les politiques des villes en faveur des aînés

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Pierre-Marie Chapon, co-auteur d'un "Guide français des villes amies des aînés", évalue les politiques mises en place au niveau local en faveur de la population croissante de personnes âgées de 60 ans et plus. Il critique une approche toujours trop centrée sur le volet sanitaire.

En 2014, la France métropolitaine compte 15,9 millions d'habitants âgés de 60 ans et plus, soit 24,2% de la population métropolitaine, d'après les données de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Le même institut estimait, dans une projection datant de 2007, que la population âgée de 60 ans et plus représenterait 32,1% de la population métropolitaine à l'horizon 2060.

Cela suppose une nécessité pour les villes françaises de devoir aménager leur territoire en faveur des aînés, et ce conformément au Guide mondial des villes-amies des aînés, lancé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2007, et adopté dans plusieurs villes telles Mexico, Londres, Genève, Istanbul, Tokyo, New Delhi, Nairobi, ou encore Melbourne.

Une version française a été publiée cette année, le Guide français des villes amies des aînés, dans laquelle les auteurs citent les villes de Dijon, Lyon, Strasbourg, Bordeaux, Rennes, ou encore Angers comme exemples de politiques favorables aux aînés. Quels enseignements en tirer ? Pierre-Marie Chapon, un des coauteurs de l'ouvrage, enseignant-chercheur en géographie à l'université Lyon 3, répond.

Quelles politiques ont-été mises en œuvre pour favoriser les aînés en France et quels sont les budgets consacrés?

Pierre-Marie Chapon: Jusqu'à présent, les politiques faites pour les aînés étaient
basées sur une approche sanitaire, médicale, avec la création de soins et d'établissements pour les personnes âgées. C'était l'idée de dépendance qui prédominait. Or, les aînés vieillissent bien pour la plupart.

Mais ces derniers temps, les politiques commencent à avoir une vision plus transversale, plus globale du phénomène en élargissant leur approche à la prévention, ou encore à la mobilité via la politique des transports. Néanmoins, le budget consacré à ces politiques reste le parent pauvre dans les villes. Pourtant, le coût n'est pas plus élevé, alors que que de telles actions seraient plus efficaces.

Enfin, si le projet de loi d'adaptation de la société au vieillissement, qui sera discuté à l'Assemblée nationale à partir du 9 septembre prochain, est adopté, cela aura des répercussions positives au niveau de l'urbanisme et de la mobilité.

En quoi ces politiques ont-elles été efficaces ?

Ces politiques se déclinent en deux aspects. D'abord, l'aspect médical, où le vieillissement a une image négative, liée à la dépendance, à la maladie. Il faut casser l'âgisme. En changeant l'image du vieillissement qu'on a actuellement, on renforcera ainsi la solidarité intergénérationnelle.

Ensuite, les actions locales. À Rennes, par exemple, le vieillissement est un élément du développement durable. Les quartiers sont repensés pour les futurs besoins. À Nice, le mobilier urbain tend à être ergonome pour les aînés. C'est un appel au bon sens.

Mais il reste encore des services qui sont difficilement accessibles pour eux, tel l'accès à la culture par exemple. Il faudrait modifier les horaires des musées, des bibliothèques afin qu'ils puissent en profiter.

Les villes françaises sont-elles en retard par rapport à d'autres villes dans le monde?

La France est en pointe pour ce qui relève des soins pour les aînés, mais affiche un retard en ce qui concerne l'anticipation, la prévention, le transport, l'habitat. Pourtant, si on se tournait vers ces domaines, cela permettrait de faire des économies.

La population la plus vieillissante au monde après le Japon se trouve au Québec. 80% des personnes âgées y vivent dans des municipalités amies des aînés avec des services organisés autour de la prévention, des transports, afin de développer une image positive des aînés et ne plus les considérer comme des malades.

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Commentaires
a écrit le 05/09/2014 à 13:57 :
Ne vous trompez pas d'ennemi !
a écrit le 04/09/2014 à 11:03 :
je propose la création de marres d'eau stagnantes, l'importation de malades atteints du chikungunya et de moustiques tigre à proximité des maisons de retraite ou des villes envahies de retraités. Voilà qui réglera d'un coup la soucis de faillite des caisses de retraite, les soucis de déficit de la sécu, les soucis de prix exhorbitnats de l'immobilier qui pourrit la vie des jeunes.... Bien entendu, je préconise la saisie de leur patrimoine pour rembourser les dettes publiques crées par leur génération comme le suggère Génération Post 80.
a écrit le 03/09/2014 à 17:23 :
Une bonne politique des ainés serait, d'abord, de leur faire payer leurs dettes directes et indirectes. Entre les dettes budgétaire, sociale ou économique, la première chose serait de nettoyer sa mer** avant de partir six pieds sous terre ou aux quatres vents !
Réponse de le 03/09/2014 à 17:39 :
@génération post 80: parce que toi tu n'as jamais bénéficié de la sécu, de l'enseignement, des structures, etc. ??? D'autre part, je te signale que ce sont les enfants qui héritent des biens accumulés des parents :-) Conclusion: commentaire complètement idiot :-)
Réponse de le 03/09/2014 à 17:43 :
@génération...: mais que-t-ont donc fait tes parents pour les hair de la sorte :-) quoiqu'il en soit, tu as tout de même bénéficié de la sécu, de l'éducation nationale et d'autres structures auxquelles tu n'as pas contribué :-)
Réponse de le 03/09/2014 à 21:26 :
@generation post 80 : fait gaffe mec, les vieux ont fait leur service militaire et savent se servir d'un flingue. Garde-toi, les vieux se gardent !
Réponse de le 04/09/2014 à 4:05 :
Meme un gamin sait s'en servir d'un flingue. Meme un singe saurait s'en servir. C'est pas un flingue qui fait un homme, au contraire.
Réponse de le 04/09/2014 à 5:23 :
Il faut nous comprendre on a entre 20 et 35 ans on est au chomage ou en CDD (pour les plus chanceux d'entre nous) lorsqu'on a un master et qu'on parle 2 à 3 langues. On veut fonder une famille mais on à charge (lorsqu'on a la chance d'avoir du travail) nos grands parents et bientôt nos parents. On est endétté à presque 100 % et on devra payé les retraites des autres alors qu'on en aura surement pas. Il y a toujours autant de guerre si ce n'est plus et la situation environnementale est catastrophique. Le problème n'est pas nos parents qui nous ont souvent très bien élevé (sûrement mieux que les générations précédentes) en nous offrant une enfance heureuse et équilibré. Mais on se voit sans future dans un pays qu'on aime et où on veut rester. On est contraint à l'exil pour pouvoir se réaliser. Donc oui lorsque l'on voit ce que vous nous avez laissé (vôtre génération pas en tant qu'individu) nous sommes amer et attristé par vôtre égoïsme.
Réponse de le 04/09/2014 à 8:55 :
@un autre post 80: si tu es si intelligent, pourquoi ne crées-tu pas ton propre emploi au lieu d'attendre que d'autres t'emploient ? Je te signale également que les retraités ont cotisé toute leur vie pour une prestation. Quant à l'herbe plus verte chez les autres, c'est une vieille légende et je ne vois pas comment tu pourrais faire mieux chez les autres ce que tu es incapable de faire chez toi. Je trouve même quelque peu arrogant de croire ques les habitants des autres pays sont si incapables qu'ils t'attendent avec impatience :-)
a écrit le 03/09/2014 à 16:33 :
Il faut lier les personnes agées avec le monde étudiant, pour les transports, la restauration, les achats de première nécessité, le petit dépannage.C'est le role des municipalités.

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