Bordeaux en guerre contre un projet de village des marques

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Christian Mabille, le maire défenseur du Village de Marques.CdC
Christian Mabille, le maire défenseur du Village de Marques.CdC
Alain Juppé va déposer un recours contre un le village des marques à Saint-André-de-Cubzac, en bordure de l'autoroute A10. Le maire de Bordeaux estime qu'il menace les commerçants du centre-ville. Les élus de Haute-Gironde revendiquent, quant à eux, le « droit de développer leur territoire » et rappellent que 1 200 emplois pourraient être créés.

Validé le 6 juin en Commission départementale d'aménagement commercial, le village des marques de Saint-André-de-Cubzac n'est pas encore construit qu'il fait déjà beaucoup parler de lui. Ce projet ample (23 404 m2) avec une centaine de boutiques de vêtements à prix dégriffés (de -30 à -70%), à une vingtaine de kilomètres de la capitale de l'Aquitaine, effraie les commerçants de Bordeaux. Ils redoutent la concurrence. Et, pour Alain Juppé, le concept est trop proche de celui du quai des marques à Bordeaux, qui peine déjà à trouver son public. Il envisage donc de déposer un recours devant la Commission nationale d'aménagement commercial (CNAC). A gauche aussi, Vincent Feltesse, le président PS de la Communauté urbaine de Bordeaux, tousse, craignant que cela ne favorise encore davantage l'étalement urbain.


750 emplois à temps plein


Lors du premier projet de village des marques, en 2005, Bordeaux avait déjà engagé des recours. Sans obtenir gain de cause. C'est finalement la crise qui a anéanti les ambitions de Panthéon Retail. « Cette fois, les porteurs de projet, la société anglaise Bergerac Outlets, ont les reins solides », assure Christian Mabille, président de la communauté de communes du Cubzaguais, qui représente 10 communes et 21 500 habitants. Ce dernier ne décolère pas face à l'attitude « irresponsable des grands élus bordelais ». « À lui seul, ce village devrait créer 750 emplois à temps plein. Des emplois locaux. C'est 200 millions d'euros d'investissement au total. Pourquoi refuse-t-on à nos territoires de se développer en pleine période de crise ? », lance-t-il. Dans cette zone, en Haute-Gironde, le chômage dépasse les 12%.


Les villages de marques ont pourtant une clientèle spécifique


«C'est une absurdité de penser que l'on doive concentrer l'activité économique sur Bordeaux. De nombreuses familles se sont installées chez nous, parce que les prix des loyers sont trop élevés en ville », souffle-t-il. Christian Mabille, urbanisme et économiste de formation, assure que les Villages des marques, installés près de grands axes autoroutiers captent une clientèle bien spécifique, qui vient de loin, et rappelle qu'aucun produit alimentaire ne sera vendu. « Le Village des marques va attirer notamment les Espagnols. C'est un tourisme commercial, dont Bordeaux sera la première à bénéficier », plaide l'élu. Chaque jour, près de 100 000 véhicules (200 000 l'été) passent à quelques pas de ces communes sur l'autoroute A10 Bordeaux-Paris.

En prime, un village commercial et un centre de loisirs...
Le village des marques s'inscrit dans une future ZAC de 118 hectares, à proximité de l'autoroute A 10, Bordeaux-Paris. A terme, en plus du village des marques (23 400 m²), il y aura un village commercial (29 500 m²), un village touristique (avec hôtels et restaurants) et un village loisirs (grands manèges et autres activités). La réponse de la CNAC sur le recours doit intervenir d'ici novembre. Si elle valide le projet, le chantier pourrait débuter en 2013 avec pour objectif d'ouvrir une première tranche (15 000 m²) en 2014. « On ira jusqu'au bout », prévient Christian Mabille, déterminé à faire entendre sa vision de l'aménagement du territoire. « Dans le contexte actuel de crise, ce serait injuste que ce projet ne voit pas le jour », lâche-t-il. Une fois n'est pas coutume, la « grande » ville pourrait bien perdre une bataille face aux « petites » communes péri-urbaines.
 

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Commentaires
a écrit le 13/07/2012 à 15:50 :
Alain Juppé a déposé ce 13 juillet le recours contre le Village des marques pour "la défense du commerce de centre-ville" devant la Commission nationale d'aménagement commercial (CNAC). Vincent Feltesse, le président de la CUB a annoncé qu'il allait en faire de même.
a écrit le 11/07/2012 à 16:36 :
Le problème est simple à régler. Il suffit de verser un dessous de table à Juppé :-) C'est pour ça que le sieur Juppé est contre, il a rien touché :-)
a écrit le 11/07/2012 à 14:53 :
Oui à ce projet pour dynamiser le Nord Gironde. Ral bol d'aller sur Bordeaux et de rester coincer des heures dans les bouchons... Mr Juppé et Mr Feltesse, je vous en prie, cessez de privilégier Bordeaux et la rive Gauche,ou tout est concentré. Pensez donc un peu aux parents pauvres en matière de commerce : le Nord Gironde et la rive droite §
a écrit le 11/07/2012 à 8:31 :
Toujours tout pour les Bordelais et c'est toute la gironde qui paye.
le nord gironde est une zone sinistrée pour l'emploi, oui à ce projet qui créera de l'emploi et nous évitera de faire 50 km sur l'A10 et sur la Rocade bouchée pour faire des emplettes.
il restera toujours assez de Bordelais pour faire marcher le commerce à Bordeaux .

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