Baker Hughes, Alstom, Arcelor Mittal... Au Creusot, la stratégie de réindustrialisation porte ses fruits
Amandine Ibled
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Photo d'illustration
Cyrille-Dupont
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« Ici, il se passe quelque chose au niveau industriel ! », s'exclame Arabelle Chambre-Foa, directrice de projet à la « Fabrique de la cité », un think tank dédié à la prospective et aux innovations urbaines, qui organisait en juillet dernier un atelier territorial consacré à la réindustrialisation, au Creusot. Le berceau de la sidérurgie n'a pas attendu que le mot « réindustrialisation » soit sur toutes les lèvres. Depuis le traumatisme de la liquidation du géant sidérurgique Creusot-Loire qui avait provoqué près d'un millier de licenciements, il y a près de 40 ans, la ville usine semble vivre un renouveau industriel. Selon l'Insee, le taux de chômage a chuté de 0,5 points en un an, passant de 8,4% en 2021 à 7,9% au premier trimestre 2022. L'industrie représente 25% des emplois salariés, soit environ 7.000 postes. Ce qui correspond au nombre d'emplois industriels que comptait la ville au moment de la fermeture de Creusot-Loire.
Un marché de niche
La cité Schneider a su se tourner vers des marchés de niche, à forte valeur ajoutée. General Electrics devenu Thermodyn, filiale du géant américain Baker Hughes, développe des compresseurs verts et des turbines à vapeur dont certaines sont embarquées sur les sous-marins nucléaires français. Industeel, filiale d'ArcelorMittal (750 salariés sur ce site) se concentre sur des aciers très spécifiques, tels que des coques de sous-marins, remplaçant du porte-avions Charles de Gaulle, blindages des engins du programme scorpion, produits pour le nucléaire ou les éoliennes. Alstom (730 salariés sur le site) fabrique les bogies (système de roulement) de TGV, notamment celui qui a battu le record de vitesse de 535 km/h. Safran, « qui avait d'ailleurs sonné la réindustrialisation dans les années 80 de ce bassin », précise David Marti, maire PS du Creusot, développe sur place des disques de turbines, éléments essentiels de ses moteurs d'avions. Le géant de l'aéronautique envisage notamment de créer 50 emplois prochainement. Framatome surfe sur la relance des grands projets nucléaires entamée en 2020, au moyen de 470 millions d'euros déployés par l'État dans le cadre du plan de relance sur cette filière d'excellence. Enfin, la présence également du cluster Mecateam, un pôle de référence internationale dans la conception d'engins de travaux ferroviaire, confirme le dynamisme du bassin en la matière.
Amandine Ibled