Dessertes TGV : les usagers craignent la suppression définitive de lignes stratégiques

Depuis lundi 9 novembre, la SNCF a pris la décision de supprimer des liaisons Dijon-Montbard-Paris pour adapter son offre à la baisse de fréquentation. Un coup porté au dynamisme économique et à l’attractivité du territoire, notamment de la haute Côte-d’Or.
La SNCF a informé vendredi dernier ses usagers que « ce nouveau confinement a réduit très fortement les déplacements des Français et il n'est pas économiquement viable, ni écologiquement responsable de continuer à faire circuler les trains dont le taux d'occupation est très bas. L'offre TGV desservant Dijon et Montbard a donc été revue à la baisse. Nos équipes se mobilisent pour continuer de vous permettre en semaine de faire un aller/retour à la journée à partir de lundi 9 novembre. »
La SNCF a informé vendredi dernier ses usagers que « ce nouveau confinement a réduit très fortement les déplacements des Français et il n'est pas économiquement viable, ni écologiquement responsable de continuer à faire circuler les trains dont le taux d'occupation est très bas. L'offre TGV desservant Dijon et Montbard a donc été revue à la baisse. Nos équipes se mobilisent pour continuer de vous permettre en semaine de faire un aller/retour à la journée à partir de lundi 9 novembre. » (Crédits : Reuters)

Depuis plusieurs mois, la fréquentation des trains, et plus particulièrement des TGV, est en net déclin. La faute au coronavirus et, par ricochet, au développement du télétravail.  L'effondrement du trafic voyageurs aurait engendré près de 4 milliards d'euros de perte pour la société. La SNCF a donc décidé de supprimer plusieurs dessertes durant ce nouveau confinement. « Ces suspensions s'ajoutent à une longue liste de TGV qui ont tout simplement disparus ces derniers mois, avant même la crise sanitaire - sans aucune communication, ni explication. Depuis le 9 novembre, cela portera à trois le nombre de TGV qui ont été supprimés : il ne restera que deux trains au départ de Dijon, un seul train au départ de Montbard et aucun train pour l'aéroport Charles de Gaulle », indique le collectif des Abonnés et clients Fréquence Dijon/Montbard/Paris dans une pétition qui a déjà recueilli près de 6.000 signatures.

La SNCF rappelle que lors du premier confinement, l'offre sur la longue distance avait été réduite à 15% du plan de transport habituel lors des premiers jours, avant d'être abaissée à 7%. Depuis le 5 novembre, le plan de transport national sur les trains à grande vitesse est réduit pour proposer près de 30% de l'offre habituelle. Une offre plus importante car certains travailleurs peuvent encore se déplacer. Malgré cette situation, la SNCF a informé vendredi dernier ses usagers que « ce nouveau confinement a réduit très fortement les déplacements des Français et il n'est pas économiquement viable, ni écologiquement responsable de continuer à faire circuler les trains dont le taux d'occupation est très bas. L'offre TGV desservant Dijon et Montbard a donc été revue à la baisse. Nos équipes se mobilisent pour continuer de vous permettre en semaine de faire un aller/retour à la journée à partir de lundi 9 novembre. »

Ce n'est pas une querelle de clocher !

« Nous demandons à la SNCF de nous permettre de continuer à travailler et de nous assurer du maintien de nos trains », précise Alain Grandjean, porte-parole du collectif. Ce dernier travaille dans un grand cabinet d'audit à Paris. Il a choisi de vivre à Montbard pour avoir une qualité de vie à la campagne. En télétravail deux jours par semaine, ce cadre a besoin de se rendre au moins trois jours par semaine sur Paris. La suppression de ces lignes remet en question sa qualité de vie. « Ce n'est pas une querelle de clocher ! C'est toute une économie qui est impactée », souligne-t-il.

Cet aller-retour supprimé inquiète particulièrement les acteurs du territoire qui s'interrogent sur la priorité donnée aux segments commerciaux plus rentables, comme le TGV direct Paris-Lyon. Est-ce pour préparer la future mise en concurrence de la SNCF ? Les conséquences sur l'activité économique de la Metal Valley - qui représentent neuf entreprises dans la métallurgie à Montbard et Venarey-les-Laumes - pourraient s'avérer désastreuses.

La liaison Belfort-Paris, desservant Besançon, Dole, Dijon et Montbard est empruntée majoritairement par des travailleurs et chefs d'entreprise. C'est une ligne essentielle pour le développement des carnets de commandes et les relations avec les donneurs d'ordre implantés en grande majorité en région parisienne. Plusieurs élus politiques de la région se sont mobilisés pour maintenir ces lignes. « Cette desserte reliant Paris est un outil de travail quotidien pour beaucoup de salariés. C'est une liaison ferroviaire stratégique pour de nombreuses familles, mais aussi pour l'économie touristique de notre territoire. Elle permet d'attirer les Parisiens pour de courts séjours », note François-Xavier Dugourd, vice-président du conseil départemental de Côte-d'Or.

Des modes de vies repensés

Depuis le début de la crise sanitaire et le confinement, les modes de vies sont repensés et les Parisiens souhaitent de plus en plus quitter la capitale pour faire revivre les campagnes. « La SNCF a un rôle essentiel à jouer dans ce flux migratoire, et doit faciliter l'inclusion sociale en permettant aux Français de vivre dans les communes rurales tout en travaillant à Paris », souligne Alain Grandjean. L'économie de la Côte-d'Or repose aussi sur son attractivité. La suppression de ces trains pourrait remettre en question la capacité pour certains salariés de pouvoir concilier travail et vie de famille lorsque celle-ci est basée dans l'une des grandes agglomérations touchées par ces suppressions.

Dans un premier temps, la SNCF avait décidé de maintenir l'offre habituelle suite à la pétition adressée par le collectif et la mobilisation des élus. Mais, elle s'est ravisée, dès ce lundi 9 novembre, face à la forte baisse de fréquentation. La crainte du collectif des Abonnés et clients Fréquence Dijon/Montbard/Paris est que ces trains supprimés durant le confinement le soient définitivement une fois que la crise sanitaire sera passée.

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Commentaires 2
à écrit le 11/11/2020 à 14:24
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Il y a environ 5 400 habitants à Montbard... Cordialement

à écrit le 10/11/2020 à 22:03
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Après les "commerces non essentiels", voici donc les "TGV non essentiels"... Ce doit être une manie...

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