Depuis trois mois, une centaine de collaborateurs du groupe sont impliqués dans le développement de ce plan stratégique baptisé « DEMAIN » (pour Développement, Économie, Mutualisation, Adaptation, Innovation et Nouvelle génération). Le confinement a permis un temps de réflexion et d'échanges entre les équipes. « Ensemble, nous avons pris conscience de la situation et décidé de rentrer dans une dynamique de changement », explique Christophe Richardot, le directeur général de Dijon Céréales. Ce dernier a choisi de mettre en place un management participatif et à l'écoute des salariés, en particulier durant cette période de crise. « DEMAIN est à la hauteur du changement que nous devons amorcer pour maintenir et développer l'agriculture en Bourgogne-Franche-Comté », précise-t-il.
Cette stratégie s'inscrit dans un contexte compliqué pour l'agriculture depuis plusieurs années. D'une part, le réchauffement climatique pénalise les moissons - 2020 illustre une fois encore les dégâts de la sécheresse avec -15% de rendement par rapport à une année classique ; d'autre part, la réforme des coopératives avec la suppression des remises, rabais, ristournes (aussi appelés 3R) et la séparation conseils & vente pour les produits phytosanitaires (qui rentre en vigueur en janvier 2021). « Finalement, la crise Covid s'ajoute aux autres crises qui touchent le monde agricole », constate Christophe Richardot. A titre de comparaison, une sécheresse comme celle de 2020 qui impacte à la fois le non approvisionnement des cultures et la collecte d'été représente un manque à gagner de 4 millions pour le groupe Dijon Céréales. Les conséquences du Covid pourraient s'évaluer entre 300.000 et 500.000 euros de pertes. « La crise sanitaire est conjoncturelle alors que le dérèglement climatique est une crise structurelle. Si nous n'agissons pas rapidement en offrant de nouveaux leviers de performances à nos agriculteurs, dans deux ans nous n'existons plus ! », assure le directeur général.