« Nous poussons les feux, avec un budget prudent et des moyens agiles » Marie-Guite Dufay
Amandine Ibled, à Dijon
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Marie-Guite Dufay, présidente de la Région Bourgogne-Franche-Comté.
Clément Barré
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Marie-Guite Dufay, présidente de la Région Bourgogne-Franche-Comté.
Clément Barré
La Tribune : Quelles ont été les conséquences de la pandémie sur l'économie de notre région ?
Marie-Guite Dufay : Notre région est la plus industrielle de France au regard du nombre de personnes qui travaillent dans ce secteur sur notre territoire. Or aujourd'hui, le secteur de l'industrie n'est pas celui qui est le plus massivement touché. Les conséquences économiques et sociales de la pandémie se font surtout ressentir dans l'économie de proximité, avec les commerces et l'artisanat - particulièrement impacté lors du premier confinement mais qui se relève petit à petit -, le secteur du tourisme (bar, restaurant, hôtel), et de l'évènementiel. Tous ces secteurs sont concernés au niveau national. Il n'y a pas d'exception pour notre région.
Qu'avez-vous mis en place pour soutenir cette économie de proximité ?
Au printemps, nous avions mis en place plusieurs mesures. D'une part, en posant un acte de solidarité à l'égard de l'État puisque nous avions abondé pour deux mois le fond de solidarité national destiné à cette économie de proximité. Il s'agissait de mesures d'urgence : 1.500 euros par commerce fermé. Ensuite, nous avons entrepris une démarche partenariale en juin dernier - unique sur le territoire national - avec tous les Établissements publics de coopération intercommunales (EPCI). Un Pacte régional pour l'économie de proximité via un fonds mutualisé et solidaire de 27 millions d'euros. Selon la règlementation, la Région est normalement la seule habilitée à octroyer ces aides aux entreprises. Exceptionnellement, nous leur avons conspiré notre droit d'octroi d'aides en mettant en place un fonds alimenté à cinq euros par habitant pour la Région ; un euro par habitant pour les collectivités. Ce fonds centré sur des questions d'investissement avait pour objectif principal d'aider les TPE de moins de 10 salariés de notre territoire, comme les petits artisans à repartir et les commerces à se numériser. Nous pressentions déjà que la question du numérique serait essentielle. L'arrivée massive du Click and Collect l'a confirmé dès la rentrée. À partir du deuxième confinement, nous avons complété ce Pacte EPCI en rajoutant deux euros par habitant, à condition que les EPCI participent pour le même montant. Pour les plus petits EPCI, nous avons demandé un euro par habitant. Dans ce deuxième volet, les financements étaient destinés majoritairement au fonctionnement, comme le paiement des loyers.
Amandine Ibled, à Dijon