Seiko France quitte l’arc jurassien pour la région parisienne
Amandine Ibled
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Lorsque la nouvelle directrice Isabelle Couturet, a succédé en septembre 2019 à Hervé Laniez, parti en retraite, après 22 années passées à la tête de la structure, les salariés du fief historique de Seiko France, à Chatillon-le-duc à côté de Besançon, ont senti le vent tourner... « La nouvelle directrice venait de région parisienne et ne comptait pas poser ses valises dans la région », confie Nicasio Buonopane, représentant du personnel chez Seiko France. « Il y avait des bruits de couloirs mais on ne pensait pas que cela irait aussi vite », poursuit-il. Implanté autour de Besançon depuis les années 90, Seiko France a entamé des démarches depuis quelques semaines afin de quitter définitivement ce site et rapatrier son activité à Neuilly-sur-Seine, d'ici la fin de l'année. « Le 7 février dernier, la direction a annoncé officiellement sa volonté de créer cette entité parisienne afin de regrouper les compétences en marketing et communication. Certains postes ont été directement supprimés comme ceux des directeurs de vente et financier, qui ont été recréés ensuite à Neuilly-sur-Seine », explique Nicasio Buonopane. Joint par la rédaction, la direction n'a pas souhaité s'exprimer sur ce choix.
Une mauvaise nouvelle pour le berceau de l'horlogerie, dont le savoir-faire de l'arc jurassien avait reçu la reconnaissance mondiale attribuée par l'UNESCO en 2020. Le groupe emploie une cinquantaine de personnes dans l'hexagone, treize sont directement concernées par ce plan social. Celles-ci sont à des postes administratifs, et gèrent notamment la relation avec la clientèle. Elles ont refusé la proposition de mutation. « Certaines personnes sont dans l'entreprise depuis 35 ans ! La moyenne d'ancienneté est de 20 ans. Les salariés sont ancrés sur le territoire, et même pour certains, nés ici. Ils ne peuvent pas reprendre un nouveau départ dans une nouvelle région », souligne Nicasio Buonopane. C'est donc une procédure habituelle de licenciement économique qui s'annonce avec un dialogue social en cours. « Des propositions de reclassement ont été proposés mais nous ne sommes pas très optimistes sur ce point de négociation », précise le représentant du personnel. Seiko qui, à Besançon, a salarié jusqu'à 120 personnes au début de ce siècle (12.000 salariés actuellement dans le monde) n'en compte plus désormais qu'une cinquantaine répartis sur l'ensemble de l'hexagone. En particulier, des conseillers vente, démonstrateurs et attachés commerciaux, répartis dans les différents points de commercialisation des produits de la marque. L'incompréhension règne au sein de l'équipe bisontine tandis que l'ancien directeur avait contribué à renforcer nationalement la présence de Seiko et que la santé du groupe ne semble pas en difficulté.
Amandine Ibled