Comment Rennes transforme ses PME en championnes

Reconnue pour sa capacité d'innovation et pour la variété des stratégies mises en œuvre par ses entrepreneurs, la Bretagne présente un modèle d'ETI particulièrement dynamique.

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La Pointe du Raz, l’un des lieux emblématiques des côtes bretonnes, classé « grand site  de France ».
La Pointe du Raz, l’un des lieux emblématiques des côtes bretonnes, classé « grand site de France ». (Crédits : DR)

Les 160 ETI bretonnes (source CCI et Insee Bretagne) réalisent près d'un tiers du chiffre d'affaires de toutes les entreprises du territoire (31,7 %) et emploient 136 500 personnes (23,6 % des salariés). La moyenne se situe à 700 salariés (contre 615 à l'échelle nationale), mais 19,4 % des ETI affichent plus de 1 000 personnes, tandis que 57 % en recensent moins de 500.

L'industrie, minoritaire par rapport à l'agroalimentaire, génère 37,5 % de l'activité. Si la crise du secteur de la production signe l'échec d'entreprises insuffisamment innovantes, plusieurs fleurons existent comme Guyader Gastronomie, Triballat, ou La Trinitaine. Les activités de services comptent pour 31,9 % et le commerce pour 25,6 %. Outre Timac (engrais) ou Olmix (filière des algues) dans le secteur chimie-biotechnologies, des ETI ont émergé dans l'économie numérique et les télécoms, telles Astellia ou Deltadore (électronique appliquée) et dans le textile (Beaumanoir, Armor Lux).

Ces entreprises fondent notamment leur croissance sur l'international, puisque 54 % d'entre elles sont exportatrices (40 % pour la moyenne française), et 28 % exportent même plus de 25 % de leur production.

Les ETI régionales bâtissent également leur modèle sur l'innovation, autour de pôles urbains comme Rennes (numérique, automobile), Brest (agriculture, pêche, industrie navale), Lannion (TIC) qui ont développé une excellente dynamique R&D, publique comme privée, ainsi que des programmes collaboratifs. L'implantation des ETI est d'ailleurs plus forte en Ille-et-Vilaine (42 %) et en Finistère (33 %).

Un fort caractère patrimonial et régional

Jouant la solidarité entre entreprises, 20 % des ETI adhèrent à un pôle de compétitivité régional (Valorial, Images & Réseaux, Mer Bretagne, IDforCar) ou national. Le secteur des TIC (images, réseaux et e-santé) fédère grands comptes (Orange Labs, Technicolor) et PME innovantes. L'économie maritime travaille sur des niches à haute valeur ajoutée : hydroliennes, éoliennes flottantes, bio-technologies...

En nombre de brevets déposés (46 en 2010, soit 6,1 % du total), la Bretagne se place dans le peloton de tête avec l'Île-de-France, Rhône-Alpes et les Pays de la Loire.

Comme les PME, les ETI bretonnes se distinguent par leur forte identité régionale et surtout leur caractère patrimonial.

Pour accélérer leur développement, elles restent toutefois ouvertes aux autres sources de financement, utilisant les différents leviers qui s'offrent à elles : aides régionales à l'innovation, à la création ou au développement, recours à Bpifrance (maritime, TIC, agroalimentaire), voire levée de fonds. Œuvrant à la valorisation des filières d'avenir, l'agence régionale de développement et d'innovation BDI est chargée de mettre en œuvre la stratégie d'attractivité pour la période 2013-2020. La région Bretagne consacre 110 millions d'euros par an à l'économie.

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>>> Retrouvez dans l'édition quotidienne de La Tribune de 19h l'interview de Loïg Chesnais-Girard, vice-président de la Région chargé de l'économie et de l'innovation.

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