CES 2020 : Dilepix, l'Agtech qui garde l'œil sur les cultures et les élevages

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La solution déployée par Dilepix est capable de détecter de manière précoce les comportements anormaux des animaux.
La solution déployée par Dilepix est capable de détecter de manière précoce les comportements anormaux des animaux. (Crédits : Dilepix)
Installé sur le stand Village by CA, Dilepix présentera à Las Vegas de nouvelles applications pour sa plateforme « cloud » d’images agronomiques. Grâce à la vision par ordinateur et à l’IA, la startup rennaise propose au monde agricole un contrôle en temps réel tant sur les champs et que sur les bâtiments dédiés à l'élevage.

Pour Dilepix, dont le logiciel agronomique fournit des yeux aux équipements et robots agricoles connectés et fournit un contrôle en temps réel des champs et des élevages grâce à la vision par ordinateur et l'intelligence artificielle, le déploiement à l'international est envisagé pour 2021. Depuis deux ans, la jeune pousse rennaise, dont le nom est dérivé de celui du « dilepis », un caméléon doté d'excellentes aptitudes visuelles, s'acclimate pourtant au marché nord-américain et aux écosystèmes agtech des États-Unis et du Canada.

Déjà lauréate du concours iLab, Dilepix a participé en novembre aux programmes d'accompagnement d'entreprises innovantes Netva et AgriNest, organisés aux États-Unis par Bpifrance et Business France. Pour la deuxième année, la startup, confondée par Alban Pobla et Aurélien Yol, sera aussi présente au CES de Las Vegas sur le stand Village by CA.

« Avant d'aborder commercialement ces marchés, il nous faut d'abord démontrer que nos solutions fonctionnent en France et que l'entreprise est solide. En 2019, nous avions communiqué sur la maturité de notre technologie, issue de l'Inria, déjà utilisée par Airbus et Dassault Systèmes dans les secteurs de l'aéronautique ou de la défense, et présentée notre plateforme cloud. En 2020, nous nous focaliserons sur les applications pour les cultures et l'élevage destinées aux coopératives, assurances et équipementiers », souligne Alban Pobla.

Pour le cofondateur et directeur général de Dilepix, le marché technologique de Las Vegas ponctue une année 2019 cruciale en termes de développement, marquée par une levée de fonds de 1,1 million d'euros et le recrutement de sept collaborateurs, ingénieurs, techniciens et commerciaux. Alors qu'elle teste actuellement sa technologie auprès de coopératives et équipementiers agricoles français, tels que Triskalia qui travaille sur un drône de surveillance, l'entreprise prévoit de doubler ses effectifs d'ici à fin 2020.

La commercialisation de sa plateforme, actuellement en mode SaaS (logiciel en tant que service) avant un mode applicatif embarqué sur les tracteurs à horizon 2021, lui permet de tabler sur un chiffre d'affaires de 10 millions d'euros en 2022. Chaque abonnement est facturé de 15 euros hors taxes par mois et par utilisateur.

« Par l'automatisation du suivi des cultures et des élevages, notre solution détecte de manière précoce des comportements anormaux chez les animaux (chaleurs, vêlage...) et des adventis ou bioagresseurs (mauvaises herbes, insectes) en grande culture. Il s'agit d'éviter par exemple de pulvériser préventivement les cultures mais de le faire au bon moment et en bonne quantité. En se numérisant, l'agriculture de précision va chercher des solutions pour se transformer en agriculture de haute précision. »

Le contrôle de l'équipement attelé des tracteurs confortera l'avenir de Dilepix. L'intégration directe de sa technologie ­permettra une action immédiate sur les cultures.

[Les deux fondateurs de Dilepix, Alban Pobla (à g.) et Aurélien Yol.]

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ZOOM

Des startups bretonnes expertes en sécurité biométrique et en streaming

Parmi la vingtaine d'entreprises bretonnes présentes à Las Vegas, la rennaise Broadpeak, spécialiste de l'optimisation du transport de contenus vidéo pour les éditeurs, opérateurs et plateformes comme Netflix, imagine le streaming de demain. Après sa levée de fonds de 10 millions d'euros auprès d'Eutelsat en juillet, elle lancera au CES un « Wi-Fi Optimizer » qui priorise la livraison des vidéos sur d'autres trafics (streaming vs téléchargements).

Dans le domaine de l'IoT, KeoPass met en avant sa clé biométrique universelle, testée avec La Poste, la SNCF et Bolloré Protection, et qui sera prochainement commercialisée. Celle-ci génère des mots de passe robustes à partir des empreintes digitales puis les envoie de manière sécurisée vers tout appareil équipé en Bluetooth ou en USB.

Pour combattre la dyslexie, la lampe à lumière pulsée de la startup Lexilife facilite la lecture d'un texte en faisant en sorte qu'un œil prenne l'ascendant sur l'autre. Avant une levée de fonds de 5 millions d'euros l'an prochain, la société rennaise officialisera la commercialisation (549 euros) du produit fini au CES. P. P.-L.

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