Code_Libellule : un nouveau concept de patrouilleur

Pascale Paoli-Lebailly

Pascale Paoli-Lebailly
Non il ne s'agit pas du titre d'un nouveau film d'espionnage, mais bien le nom d'un bateau. Ou plutôt d'un concept innovant de patrouilleur. Code_Libellule se distingue par son design esthétique et futuriste inspiré de la silhouette de la libellule, mais surtout de celle des trimarans. Sa capacité à « embarquer des drones, des modules de missions ou des bateaux semi-rigides », ainsi que de l'armement léger (2,7 mm) ou lourd (canon 30 mm ) lui confère aussi les caractéristiques d'un navire d'action à vocation militaire.
Long de 29 mètres, ce bateau en composite et matériaux partiellement bio-sourcés, est constitué d'une coque étroite, stabilisée par deux flotteurs placés en arrière, ce qui lui permet de disposer ainsi d'une plate-forme de grande taille pour accueillir des engins de surveillance.
Imaginé par un consortium constitué de la société rennaise Exid Concept & Développement, et du cabinet d'architecture morbihannais Perspective Design, le projet Code_Libellule, auquel participeront plusieurs chantiers navals bretons, est conçu pour la surveillance en haute mer comme dans les zones littorales et les estuaires. Qualifié de rapide et polyvalent, il adresse plusieurs marchés : la protection des installations pétrolières en mer, la lutte contre les trafics illégaux et la piraterie, la recherche et le sauvetage, la police des pêches.
Exid Concept et Développement l'a déjà présenté à l'Etat-Major de la Marine, mais ses premiers contrats pourraient bien venir d'armateurs privés opérant en Afrique. La jeune entreprise rennaise spécialisée dans le pilotage des projets innovants dans les domaines des transports et de l'énergie, l'a notamment proposé dans le cadre de projets globaux de développement d'une filière de pêche initiés par des investisseurs étrangers et nécessitant une protection en mer.
Des discussions sont en cours avec deux pays, un en Afrique de l'Ouest et l'autre sur la façade du continent donnant sur l'océan Indien. Exid Concept et Développement (4 collaborateurs, CA de 350.000 euros), qui vise aussi les marines européennes, finalise son montage industriel. Hors fabrication, le coût du projet est estimé à 400.000 euros. À partir d'une commande ferme, Exid serait à même de sortir son premier bateau sous 18 mois. D'ici à quatre ans, la jeune pousse espère commercialiser une petite série d'une vingtaine de patrouilleurs.
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Code_Libellule met en avant une vitesse de 25 nœuds en moyenne dans une mer de force 4 (40 nœuds pour un moteur hybride diesel-électrique avec hydrojets) et une autonomie de 3.000 miles marins (10.000 maximum) soit l'équivalent d'un trajet Toulon-Djibouti sans escale. De quoi pouvoir accompagner une flottille de pêche. Il est proposé aux prospects pour une enveloppe de 5 millions d'euros variable selon l'équipement, et le choix de l'acheteur de bénéficier aussi d'un service s'entretien complet du navire.
Pour Exid, qui a été mise en relation avec le bureau d'architecture naval et les chantiers navals grâce au cluster Bretagne Pôle Naval, le nouveau patrouilleur apporte une « solution innovante et économique » adaptée aux exigences opérationnelles et aux contraintes budgétaires des marines modernes.
Pascale Paoli-Lebailly
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