Souhaitant respecter un engagement inscrit au programme de l’équipe municipale PS-EELV, la ville de Rennes a installé mi-novembre une mission d’étude 5G. Pilotée par le conseiller municipal Pierre Jannin, cette démarche vise à « éclairer le débat public ». Dans la ville des télécoms et du numérique, l’écosystème de l’innovation se mobilise. Orange retarde le déploiement, officiellement pour raisons techniques.Enjeu de débat au plan national sur la place de la technologie dans nos sociétés, la 5G fait aussi réagir les municipalités. Les villes écologistes Bordeaux, Nantes ou encore Besançon se sont prononcées en faveur d'un moratoire. Rennes, pourtant pionnière des télécoms et du numérique, s'inscrit dans une démarche similaire mais moins fermée. La municipalité PS-EELV a installé mi-novembre une mission 5G afin de respecter un engagement inscrit à son programme.
D'abord prévue pour fin 2020, la 5G ne sera donc pas lancée à Rennes avant 2021. En annonçant le lancement de son réseau 5G dans 15 communes françaises dès le 3 décembre 2020, dont Nice, Marseille, Le Mans, Angers et Clermont Ferrand, Orange a indirectement confirmé mercredi que Rennes (comme Nantes) ne faisait pas partie de cette première vague.
Dans la capitale bretonne, les antennes sont installées mais des « ajustements techniques » sont en cours pour remplir les critères de vitesse (au moins quatre fois supérieure à la 4G), justifie Orange Grand Ouest. L'opérateur, qui, en Bretagne, prévoit de lancer d'abord la 5G à Rennes et Brest afin d'éviter d'ici à 2022 une saturation du réseau 4G, joue aussi la carte du dialogue avec les collectivités et de la pédagogie. Après les enchères achevées le 1er octobre pour l'attribution par l'Etat des fréquences aux opérateurs en vue d'un déploiement national fin 2020, les maires n'ont pas le pouvoir de s'opposer au développement du réseau mobile. Mais aucun opérateur ne souhaitera passer en force, d'autant que l'installation d'antennes sur les bâtiments municipaux relève des prérogatives des maires. La quasi-moratoire imposé par Rennes jusqu'en mars invite toutes les parties prenantes au débat.
Un dialogue jugé d'emblée « surréaliste et irresponsable » par le président de l'Union des entreprises d'Ille-et Vilaine (UE35). « Renoncer au déploiement de la 5G, c'est renoncer à défendre les emplois et les entreprises du territoire » écrivait Hervé Kermarrec le 18 septembre dans un communiqué. « L'opposition frontale qu'une partie des élus de Rennes Métropole entend opposer au déploiement de la 5G inquiète les entreprises. »
Pascale Paoli-Lebailly, à Rennes