Rennes : une économie dynamique au premier semestre
Pascale Paoli-Lebailly, à Rennes
Pascale Paoli-Lebailly, à Rennes
L'économie de Rennes Métropole est visiblement en bonne santé, et la capitale bretonne a de quoi anticiper l'avenir avec optimisme. C'est le message que la note VigiEco, publiée par l'agence d'urbanisme et de développement Audiar Rennes en juillet a fait passer dans l'été.
Dans un contexte national et international porteur, l'économie rennaise constate depuis le début de l'année une baisse du chômage de 0,4 points, à 7,3% contre 9,3% au niveau national. Un nette décrue du nombre de demandeurs d'emploi est enregistrée, soit 2.000 en moins en catégorie A. Les gains nets de l'emploi salarié privé qui s'accentuent au fil des trimestres depuis l'été dernier, ont atteint 2.200 postes supplémentaires sur le 1er trimestre 2017, 5.510 sur un an. Les effectifs intérimaires battent pour leur part des records (+1.300 postes), dépassant pour la première fois la barre des 10.000 postes occupés.
Au cours des six derniers mois, l'activité et le moral des entreprises se sont globalement améliorés, tout comme leur santé financière ajoute l'Audiar. Outre le choix pris par un certain nombre d'entreprises d'une croissance externe et de l'internationalisation, l'écosystème rennais accélère depuis le début de l'année sur les levées de fonds. Sur les six premiers mois de l'année, les entreprises rennaises ont levé plus d'argent que sur l'année, déjà record, de 2016.
Dans ce contexte, le volume de CDI progresse de 13% sur un an (+ 9% à l'échelle nationale).
La progression de l'emploi s'est notamment accélérée ces six derniers mois dans trois secteurs très demandés: les services aux entreprises et le numérique (+ 28 %), la construction (+27%), et les transports (+38%).
Sur le front du numérique, les effectifs ont fortement progressé dans toutes les catégories d'entreprises, les ESN comme Thales Services, Proservia ou CapGemini), les PME et ETI (Conserto, Mediaveille, Claranet), les startup comme Telecom Santé ou la plate-forme de jeu vidéo par abonnement Blacknut.
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Le nombre croissant de mises en chantier de logements neufs profite aussi aux entreprises du BTP qui renforcent leurs effectifs propres et augmentent le recours à l'intérim. Dans l'industrie, l'Audiar constate que l'érosion des effectifs dans l'automobile ralentit, "grâce au regain d'activité et d'investissement de l'usine PSA-La Janais". L'agro-alimentaire et le transport logistique ont toutefois plus recours à l'embauche intérimaire ( + 44% et + 17% respectivement sur quatre mois) au détriment des effectifs propres.
L'Audiar ne verse pas pour autant dans l'autosatisfaction démesurée et pointe les difficultés qui demeurent, comme les marges trop faibles dans l'industrie qui gênent l'accélération de la modernisation des outils de production. Des tensions apparaissent aussi dans certains recrutements, plus particulièrement dans les secteurs du BTP et du numérique.
Alors que Rennes Métropole finance massivement de nouvelles infrastructures et les équipements majeurs (2e ligne de métro, modernisation de la gare de rennes, nouveaux quartiers...), elle est clairement invitée à poursuivre ses efforts sur le "soft". L'agglomération, qui investit dans l'insertion professionnelle, l'enseignement supérieur et la recherche, ainsi que dans l'accompagnement au développement des entreprises, doit "mieux adapter les formations aux besoins des entreprises" notamment dans le domaine de l'actualisation du renforcement des compétences.
Très soucieuse d'accroître son attractivité et misant fortement sur l'arrivée de la LGV pour attirer les cadres et les entreprises, Rennes Métropole veut changer de braquet. Objectif: faire en sorte que cela bénéficie à l'emploi dans le territoire et dans toute la Bretagne.
En termes de croissance, la direction régionale de la Banque de France va d'ailleurs dans le sens de l'Audiar. Une enquête de la banque centrale a confirmé en juillet que le "climat des affaires dans l'industrie bretonne est positif". Les feux sont (presque tous) au vert et dans une tendance haussière que la Bretagne n'avait pas connu depuis 2011. Seul bémol, si les carnets de commandes sont bien remplis et que les entreprises embauchent, elles éprouvent néanmoins des difficultés à recruter.
Pascale Paoli-Lebailly, à Rennes