La difficile équation de l'après confinement en Corse
Paul Ortoli, à Ajaccio
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Le président de l'exécutif corse Gilles Simeoni a émis le souhait de réguler le flux d'estivants via un "green pass". Une proposition qui a suscité la polémique.
Pesant 31% dans le PIB corse, le tourisme et le transport sont au centre des inquiétudes pour relancer une économie qui redémarre doucement et qui s'interroge sur la nature de sa saison. Une étude de Horwath LTL pour BPI France estime que l'impact de la crise sera "durable". La régulation des flux proposée par le président Simeoni ne convainc pas certains professionnels du secteur. Selon son "hypothèse médiane", la fréquentation pourrait être diminuée de moitié. L'après confinement dans l'île qui a connu un cluster à Ajaccio et qui redoute le rebond épidémiologique estival est une équation...
... lusieurs inconnues.
Bien qu'un comité interministériel ait annoncé jeudi un bataillon de 21 mesures, dont un plan d'investissement en fonds propres d'1,3 milliard d'euros porté par la caisse des dépôts et BPI France, le tourisme s'apprête à souffrir en 2020.
En Corse et en Outre-Mer, les fonds d'urgence bénéficieront d'un abondement complémentaire de la Banque des Territoires : « La banque des Territoires mobilisera ainsi 93 millions d'euros dans ces fonds d'urgence dont la capacité d'intervention totale sera supérieure à 230 millions ». Et ce, avec le concours des collectivités.
Si les Français pourront bien dixit Matignon « prendre leurs vacances cet été », la Corse, où les activités touristiques pèsent environ 2,7 milliards d'euros - environ le tiers de son PIB -, essaie de concilier sécurité sanitaire et économie. L'objectif affiché est de sortir au mieux d'un confinement qui a eu selon les mots du préfet de Corse à l'AFP « un coût humain, social, sanitaire et économique qui est devenu insupportable ».
360 millions alloués au PGE
Le représentant de l'État dans l'île a chiffré à 730 millions d'euros le montant des aides gouvernementales, dont 230 millions alloués au chômage partiel et 360 millions au PGE. Reste à trouver les deux autres milliards d'euros qui pourraient manquer cette année à l'économie insulaire où un emploi sur cinq est lié au tourisme, si elle était face à une « année blanche ».
Cette crainte transpire d'une étude réalisée par Horwath HTL pour BPI France parue le 29 avril indiquant que « l'impact de la crise sur les entreprises du tourisme sera massif, brutal et sans doute durable ».
Le document qu'a pu consulter la Tribune estime que les Français privilégieront les « destinations connues et rassurantes », donc le territoire national. Et soulève, tout en prévoyant « une baisse de 40 % dans le secteur de l'hôtellerie », qu'il y aura des « réservations à la dernière minute » et une « forte demande pour le littoral français ».
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