Kronenbourg augmente ses capacités à la brasserie d’Obernai

La filiale du groupe Carlsberg investit 100 millions d’euros dans le conditionnement, la technologie et l’environnement. La production va dépasser 7 millions d’hectolitres par an.
Les investissements permettront de produire 500.000 hectolitres supplémentaires par an.
Les investissements permettront de produire 500.000 hectolitres supplémentaires par an. (Crédits : 4events-2016)

La brasserie Kronenbourg renforce ses capacités industrielles sur son site d'Obernai, dans le Bas-Rhin, où elle s'apprête à produire cette année quelque 7 millions d'hectolitres de bière. « Nous allons investir dans des capacités additionnelles en volume et dans la technologie », annonce Joao Abecassis, président de Kronenbourg SAS. Détenue depuis 2008 par le groupe industriel danois Carlsberg, la brasserie bénéficiera d'un investissement de 100 millions d'euros sur trois ans, répartis entre le conditionnement, les technologies (40 millions d'euros chacun), la protection de l'environnement et l'amélioration des conditions de travail (20 millions d'euros). La nouvelle ligne de production offrira une capacité additionnelle de 500.000 hectolitres. La capacité de stockage des produits finis augmentera de 30%.

Un marché en pleine croissance

Kronenbourg se partage le leadership sur le marché français avec le néerlandais Heineken. Un marché en croissance pour la cinquième année consécutive (+ 4,2% en 2018), selon Brasseurs de France, le syndicat professionnel de la branche.

« Obernai a été construite en 1969 pour brasser des lagers. Nous produisons désormais 50 bières différentes, en grandes et en petites séries. La demande sur ces bières spéciales et sur nos variétés sans alcool est en augmentation », observe Joao Abecassis.

Le site alsacien a déjà entrepris sa diversification : en 2010, le chiffre d'affaires reposait à 90% sur deux références, la traditionnelle Kronenbourg et la 1664. Leur part est descendue à 70% en 2019, après la montée en puissance de nouvelles références comme la pseudo-nordique Skoll ou la Tourtel Twist sans alcool, ainsi que des autres innovations apparues au fil de la dernière décennie. « Nous approchons le milliard d'euros de chiffre d'affaires, dont 12% apportés par nos innovations au cours des cinq dernières années », précise Joao Abecassis. La 1664 reste cependant le fer de lance de l'activité d'Obernai, avec une production annuelle supérieure à 2 millions d'hectolitres.

Stabiliser l'emploi

L'investissement annoncé à Obernai vise davantage à stabiliser le niveau d'emploi qu'à créer de nouveaux postes. La douzième ligne de conditionnement aménagée sur le site mobilisera, à terme, une vingtaine d'opérateurs. La brasserie emploie 700 personnes en Alsace. Les bénéfices seront plus substantiels dans la protection de l'environnement.

« L'innovation technologique permet de réduire la consommation d'eau, explique Stéphane Munch, directeur de la brasserie d'Obernai. En 1969, lors de la création de notre site, il en fallait 12 litres pour produire un litre de bière. La consommation passera ce€e année à 4,2 litres, et elle doit encore baisser à l'avenir. »

Kronenbourg entend aussi renforcer ses approvisionnements en circuit court. Le strisselspalt, une variété spécifique de houblon qui entre dans la composition de la 1664, est fourni par des producteurs alsaciens. « Kronenbourg absorbe 95% de ce€e variété qui a failli disparaître », relève Stéphane Munch. Ces efforts confirment une autre réalité : Kronenbourg et Heineken, qui exploite une brasserie à Schiltigheim, toujours dans le Bas-Rhin, brassent à eux deux plus de 80% de la bière produite dans la région. Mais l'appellation « bière d'Alsace », une pils de fermentation basse bien houblonnée, n'a jamais été officielle. Elle ne dispose toujours pas d'une appellation protégée.

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LES DATES

1664 : Jérome Hatt lance une brasserie familiale à Strasbourg
1850 : installation dans le quartier de Cronenbourg
1969 : déménagement à Obernai
1970 : rachat par BSN (Danone)
2000 : rachat par Scottish & Newcastle
2008 : rachat par Carlsberg

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Commentaire 1
à écrit le 25/06/2019 à 8:42
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Rare sont les marchés dans lesquels commerce artisanal et industrie croissent, nous sommes une génération bière il n'y a pas photo.

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