Calais : comment le nouveau port XXL veut développer les échanges commerciaux
Gaëtane Deljurie, à Lille
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Port de Calais Boulogne
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Port de Calais Boulogne
« Même moi qui travaille sur ce projet depuis le début, je prends seulement conscience à quel point ce chantier d'extension a projeté le port de Calais dans le 21e siècle », s'exclame Jean-Marc Puissesseau, président-directeur-général de la Société d'exploitation des ports du détroit. Au début des années 2000, il présidait encore la Chambre de commerce et d'industrie de Calais, quand il a fallu se rendre à l'évidence : le port de la ville allait devenir bien trop étroit pour accueillir ses clients, les compagnies maritimes, dont les nouvelles générations de navires s'allongeront d'une trentaine de mètres. Dans le même temps, Calais devait aussi faire face à une croissance du fret non accompagné (via des remorques sans chauffeurs) et des marchandises acheminées par voie ferrée.
Le projet Calais Port 2015 était né, avec en ligne de mire la pérennisation des échanges avec le Grande-Bretagne. Sans évidemment imaginer qu'il y aurait un jour un Brexit et sans avoir encore entériné les Accords du Touquet (qui ont eu pour effet un déplacement de la frontière britannique à Calais). Pour contourner le manque d'espaces terrestres et minimiser les impacts sur l'environnement, le scénario d'une grande avancée sur la mer a été choisi.
« Tout l'enjeu hautement technique était de construire une extension assez grande pour pouvoir être évolutive : le port pourra accueillir à terme jusqu'à six grands ferries grâce aux quais latéraux construits vers la mer », rappelle Jean-Marc Puissesseau. Premier port « roulier » d'Europe continentale (ou ro-ro pour roll on/roll off, signifiant que ce sont des véhicules chargés qui montent à bord des ferries), le port de Calais a accueilli déjà près de 2 millions de poids lourds et 41,5 millions de tonnes de fret en 2018.
Le montant total du projet, 863 millions d'euros, est aussi un sacré défi : le chantier a été financé en fonds propres et quasi-fonds propres pour 89 millions d'euros, par émission obligataire d'une maturité de 40 ans ; pour 504 millions d'euros, avec souscriptions par des fonds gérés par Allianz GI. Les 270 millions d'euros restants proviennent de fonds publics (171,4 millions du conseil régional et 98,6 millions de l'Union Européenne).
Gaëtane Deljurie, à Lille