Paris, une métropole à la recherche de sa gouvernance

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Paris Métropole vient de mettre en ligne toutes les contributions sur la possible gouvernance de la métropole. Elle met en ligne également les dossiers et questions clés et publiera cet automne une synthèse avant de lancer une consultation publique sur la gouvernance. Un travail pédagogique et politique considérable et novateur

Paris est une métropole. Mais une métropole qui se cherche. Lorsque Bertrand Delanoë a lancé le syndicat Paris Métropole en juin 2009, les politiques d'Ile de France ont pensé qu'il cherchait essentiellement à agrandir son pré carré face à la Région de Jean Paul Huchon et au Grand Paris de Nicolas Sarkozy. En publiant le premier «livre (ou)vert de la gouvernance», Paris Métropole s'affirme en tout cas comme l'acteur incontournable de la réforme à venir. Au fil des mois 199 collectivités de droite comme de gauche y ont adhéré : communes, région, départements, intercommunalités... Depuis un an elles ont été appelées à réfléchir sur la gouvernance que pourrait prendre Paris Métropole. Les premières contributions sont en ligne (www.parismetropole.fr) et çà fuse.

Trois hypothèses de gouvernance

L'exercice n'est pas facile puisqu'il s'agit de réfléchir sur des « figures possibles de gouvernance » dans un syndicat où aucune voix n'est prépondérante, celle du maire de Paris n'ayant pas plus de poids que celle du président de la communauté d'agglomération du Val d'Orge. Le travail est pédagogiquement passionnant et elle fait pour l'instant apparaitre trois grands types de logiques : la première est d'unifier la gouvernance en simplifiant la carte institutionnelle existante, la deuxième vise à faire évoluer la concertation entre les acteurs en s'appuyant sur les structures et syndicats techniques existants et la troisième vise à fédérer les collectivités existantes.

Les partisans de la première logique veulent une « métropole intégrée » qui correspond plus ou moins à l'ancien département de la Seine et qui amènerait à faire vivre ensemble 6,5 millions de personnes (et, disent ses détracteurs, à en exclure autant à la périphérie au sein d'une seconde couronne). Les partisans de la deuxième pensent que la métropole n'a pas besoin d'une structure unifiée ou que celle-ci est illusoire, tant les interactions et échanges entre territoires sont complexes et non codifiables. Elle se base sur la convergence des volontés et suppose que les structures arrêtent de se concurrencer entre elles sur le même territoire. Les partisans de la troisième veulent une confédération : la métropole étant polycentrique, sa gouvernance doit l'être. Donc chacun conserve son autonomie mais les moyens sont mutualisés et le leadership est partagé. Les détracteurs y voient déjà une couche supplémentaire de mille feuilles et la mort programmée des communes, mais beaucoup trouvent la piste séduisante.

Démarche totalement novatrice

La démarche de Paris Métropole est en tout cas totalement novatrice : les contributions vont continuer à être mises en ligne, et, cet automne Paris Métropole en fera une première synthèse et engagera une consultation publique. Ce seront donc les «parisiens» (au sens large) qui devraient choisir leur mode de gouvernance. Tout est transparent et en ligne (ce qui est rare aussi) avec surtout une partie «Enjeux de gouvernance» qui identifie les questions à résoudre en présentant chaque fois un dossier synthétique et clair.

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