Avec son robot mobile, Eos Innovation renforce la surveillance des entrepôts
Erick Haehnsen
Erick Haehnsen
En période de crise, les entrepôts logistiques et les sites industriels constituent une cible de choix pour les cambrioleurs qui savent déjouer les caméras de télésurveillance. « Quant aux vigiles, ils n'ont pas toujours le droit de patrouiller à l'intérieur des entrepôts », souligne David Lemaître, président fondateur d'Eos Innovation, société basée à Evry (Essonne). Titulaire d'un DEA en robotique mobile obtenu à l'école Centrale de Nantes, ce dirigeant veut convaincre les entreprises de renforcer leur arsenal défensif en adoptant son cerbère électronique. Baptisé e-vigilante, il s'agit d'un robot autonome mobile, dédié à la surveillance des sites sensibles.
Pourvu d'un carénage noir au design futuriste, ce molosse pèse une cinquantaine de kilos (pour 40 cm de haut et 80 cm de large) et se déplace sur ses deux grosses roues motrices. Une troisième roue, à l'arrière, lui permet, en cas d'urgence, de faire demi-tour. Prudent, cet infatigable vigile effectue ses rondes à une vitesse allant de 4 à 10 km/h en passant de manière aléatoire par les points de passage qui lui sont désignés. De quoi surprendre d'éventuels intrus ou détecter l'ouverture d'une porte.
Toute anomalie repérée par son laser déclenchera une alerte auprès d'un opérateur distant qui se connectera alors à la caméra infrarouge de l'e-vigilante pour visualiser la scène. « Grâce à cet ?il électronique, il saura s'il faut ou non déclencher des sirènes, envoyer des gyrophares ou tout autre contre-mesure pour faire fuir les intrus », décrit le dirigeant de l'entreprise qui compte désormais six salariés - dont Grégory Lebourdais qui a signé le design de ce robot mobile.
Lauréat de nombreux concours
Finaliste aux trophées de l'Innovation de la ville de Paris 2012 dans la catégorie design, Eos Innovation a remporté depuis sa création de nombreux concours. « Depuis 2010, j'ai reçu 300 000 euros en prix, prêts d'honneur et subventions », indique David Lemaître qui a pu ainsi concevoir et produire en trois exemplaires ce curieux cerbère.
Après avoir été testé sur le site d'un constructeur automobile, le robot e-vigilante sera de nouveau expérimenté au printemps prochain chez des prospects, en l'occurrence, un entrepôt logistique et un site industriel. « Ces expérimentations nous permettront de finaliser les derniers ajustements techniques », indique David Lemaître qui recherche 800 000 euros afin de finaliser sa recherche et son développement commercial, sachant que le robot sera proposé dès l'an prochain en mode locatif.
Erick Haehnsen
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