Ynsect veut nourrir le bétail... et demain, les hommes ?

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DR Transformés en farine animale, les insectes pourraient couvrir les besoins alimentaires des animaux d'élevage.
DR Transformés en farine animale, les insectes pourraient couvrir les besoins alimentaires des animaux d'élevage. (Crédits : dr)
Face à la hausse du cours des céréales, la start-up parisienne propose une alternative : des farines d'insectes pour la nourriture des animaux d'élevage. Avant, peut-être, d'élaborer des produits pour nos assiettes.

Selon un rapport de la FAO (Food and Agriculture Organization), les besoins en protéines seront multipliés par deux à l'horizon 2050. Porcs, poulets, poissons : nourrir les animaux d'élevage coûte donc de plus en plus cher. Notamment en raison de la hausse du cours des céréales. Grâce à des compléments protéiniques à base d'insectes, moins chers à l'achat et aussi nourrissants que le soja et bien d'autres espèces végétales, la start-up parisienne Ynsect compte changer la donne. En particulier avec les ténébrions, communément appelés ''vers de farine''. « Il ne s'agit pas de remplacer la totalité des rations habituelles mais d'en substituer une part avec nos farines », indique Jean-Gabriel Levon, président d'Ynsect qui a reçu le grand prix de l'Innovation de la ville de Paris dans la catégorie Eco-innovation. Normal : la voie, explorée par Ynsect, réduirait nos besoins en ressources alimentaires ainsi que la consommation d'eau et d'énergie par un facteur variant de 2 à 10 !

« Le goût est à mi chemin entre les crevettes et les fruits à coque comme les noisettes »

Nourrir les animaux, d'accord. Mais convaincre les Européens de manger des insectes ne sera pas chose facile... même si, d'après un sondage réalisé en France par Ynsect, 30% des personnes interrogées avaient déjà dégusté des grillons, criquets et autres insectes grillés. « Le goût est à mi chemin entre les crevettes et les fruits à coque comme les noisettes », confie cet X-HEC qui a sponsorisé des étudiants désireux d'innover avec des snacks et des sablés à base de poudre de larves de ténébrion. Cependant, ce type de mets ne se généralisera pas dans nos assiettes avant 5 ou 10 ans à cause des réglementations actuelles. D'où la stratégie d'Ynsect de se cantonner à l'alimentation animale. La start-up y travaille avec différents laboratoires appartenant, entre autres, à l'Inra, au CNRS et au CEA mais aussi avec des formulateurs d'aliments pour animaux.

Une bioraffinerie en 2013 ?

Une dizaine d'usines en vue. Avec ses trois autres associés issus d'Agro, de l'Essec et de l'Ensimag, le fondateur d'Ynsect espère démarrer l'an prochain un démonstrateur technologique. Cette bioraffinerie comportera d'un côté un élevage de ténébrions nourris avec du son de blé ou d'autres résidus organiques. Et de l'autre, un atelier où les ténébrions seront transformés en farine. Pour financer son démonstrateur, la startup a entamé un processus de levée de fonds. Si le projet aboutit, elle pourrait à terme implanter une dizaine d'usines sur l'Hexagone avant de prendre son envol à l'international.
 

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Commentaires
a écrit le 17/12/2012 à 14:29 :
Je crois que l avenir c est l algue trÚs riche en lipides même si rien ne vaut les cereales
a écrit le 17/12/2012 à 12:24 :
Dans 10 ans, des insectes dans nos assiettes. Et dans 20 ans, du Soleil Vert, ce qui résoudra du même coup le problème des retraites. Pas bête...
Réponse de le 17/12/2012 à 14:41 :
Les insectes pourraient même être nourris à partir du "soleil vert". Ils le font déjà mais ils ne sont pas récupérés ...
Réponse de le 17/12/2012 à 17:16 :
Bah franchement deja mangé des fourmis des sauterelles grillés des chenilles (quand on va dans un pays faut tout decouvrir si on veut juger) Ben franchement c est pas mauvais c est meme carrement bon avec un bon assaisonement C est un aliment tres riche en proteines et puis les crustacés sont de la meme branche que les insectes ::))

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