BeMyApp, l'usine à applications mobiles en 48 heures chrono

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Au d'un marathon de deux jours, les équipes se succèdent toutes les 5 minutes pour faire des démos de leurs jeux sur mobile. On découvre des pilleurs de musée poursuivis par des gardiens, des pigeons qu'il faut empêcher de souiller des villes célèbres, une sorte de Tetris avec des boules de couleurs, etc. © DR
Au d'un marathon de deux jours, les équipes se succèdent toutes les 5 minutes pour faire des démos de leurs jeux sur mobile. On découvre des pilleurs de musée poursuivis par des gardiens, des pigeons qu'il faut empêcher de souiller des villes célèbres, une sorte de Tetris avec des boules de couleurs, etc. © DR (Crédits : DR)
Développer une application en 48 heures, c'est le défi des week-ends organisé par la société BeMyApp. A la fois compétitifs et collaboratifs, ces marathons créatifs ont débouché sur quelques applications disponibles sur iPhone, Android ou Windows.

Dimanche 10 février à 18h00 dans les locaux d?Isart Digital, une école de jeux vidéo implantée à la Bastille, à Paris. Une bonne centaine de développeurs, graphistes, game designers est quasiment au bout du rouleau après 48 heures sans sommeil. Mais ils sont prêts à présenter leur travail devant un jury de professionnels. La foule est jeune, essentiellement masculine. L?ambiance est chaleureuse et les applaudissements fusent. Toutes les 5 minutes, chronomètre en main, les équipes se succèdent pour faire des démos de leurs jeux sur mobile. On découvre des pilleurs de musée poursuivis par des gardiens, des pigeons qu?il faut empêcher de souiller des villes célèbres, une sorte de Tetris avec des boules de couleurs, etc. Plus d?une dizaine de projets à divers stades de finition défilent. Au final, c?est Chromaniac, le jeu de puzzle coloré, qui remporte la première place.
Quarante-huit heures auparavant, vendredi soir 8 février, une trentaine d?idées avaient été présentées, une dizaine retenues et les équipes se sont constituées sur le tas avant de se mettre au travail. Ravitaillés par les organisateurs et dopés aux boissons énergétiques, la plupart n?ont pas quitté les lieux. A mi-parcours, ils ont fait une première présentation de leur projet. Le tout est répercuté sur Twitter, sur Facebook et des vidéos sont mises en ligne en live.

De l?idée à la réalisation

« BeMyApp a commencé il y a bientôt trois ans. Nous connaissions des gens qui avaient des idées d?applications mobiles et des gens qui créaient des applications. Nous avons voulu les mettre en relation », explique John Karp, co-fondateur de la jeune société BeMyApp, implantée à Paris, Berlin et San Francisco. Lors du dernier week-end en date du 8 au 10 février, le premier consacré aux jeux, la compétition a d?ailleurs eu lieu simultanément dans les trois villes. John Karp estime que 10 000 personnes ont participé à un de ses week-ends en trois ans, avec un groupe d?environ 300 fidèles en France.
« Nous essayons de trouver un mix avec un tiers de salariés en agences, un tiers de freelance et un tiers d?étudiants. C?est plus que du networking, ils sont dans une situation où ils peuvent montrer leurs capacités en live et se faire des associés pour un week-end ou pour la vie », explique le co-fondateur qui joue les animateurs pour les présentations finales.

Apprendre et échanger

Etudiante, Morgane Piton vient de participer à son premier week-end BeMyApp. « J?ai écouté les présentations vendredi soir et je me suis proposée à une équipe qui me plaisait, explique-t-elle. On vient surtout pour présenter nos idées, pour apprendre, pour échanger avec des pros et pour s?amuser. » Le défi pour elle a été d?apprendre un nouveau langage qu?elle ne connaissait pas. Un week-end intense et stressant, mais instructif.
Thomas Baggi-Sani est un jeune professionnel qui vient de lancer son studio, SillyCat, avec deux associés. « Le mois dernier, j?ai participé au Global Game Jam, un événement mondial pour développer un jeu en 48 heures. J?aime bien cette ambiance. On apprend à mieux gérer ses projets, on affine ses méthodes et on teste de nouvelles idées et de nouvelles technologies. »

Des évènements déclinés pour des éditeurs

La société BeMyApp a deux autres cordes à son arc. Régie publicitaire sur mobiles, elle cherche à se démarquer des simples bannières pour offrir aux annonceurs de meilleurs résultats. Organisatrice d?événements sur le modèle de ses week-ends pour des éditeurs comme Microsoft, Orange, DailyMotion ou Deezer, elle les aide à faire connaître leurs outils auprès de la communauté des développeurs. Comme par exemple, le DevKings 2013 pour le compte de Microsoft organisé mardi 12 février, chez Régine. L?idée est la même : des équipes de porteurs d?idées, de marketeurs, de développeurs et de designers se formeront pour travailler pendant deux mois sur un application citoyenne, axée sur une ville et développée sous Windows 8 et Windows Phone 8.
« C?est symbolique d?une mutation. Avant, une start-up avait besoin d?un à trois ans pour sortir un produit. Aujourd?hui dans le numérique, avec une batterie d?outils qui se démocratise, la capacité à développer est à la portée de tous, affirme John Karp. Dans cinq à 10 ans, tout le monde sera développeur. Les sociétés dans l?automobile ou l?assurance seront des éditeurs d?applications. Ils fourniront un service ou une matière première qui sera exploitable par des tiers pour créer un écosystème de manière collaborative. »
Il en veut pour exemple un récent événement organisé pour le fabricant français Parrot autour d?un nouvel auto-radio « ouvert », l?Astroid. « Nous avons organisé un week-end Astroid pour apporter du contenu et de nouvelles applications », explique John Karp. Quant à des applications issues des week-ends BeMyApp, certaines ont connu un certain succès comme Food Reporter et Lalilala, une sorte de Pictionary en chansons. « Un élève en première S a développé Study Plus, une application pour suivre ses notes. Ca lui rapporte un peu d?argent tous les mois, raconte le co-fondateur des weekends. Mais indirectement des centaines d?applications en sont sorties grâce aux rencontres. C?est une communauté avec un côté familial. »
 

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Commentaires
a écrit le 11/02/2013 à 15:34 :
Amusant comme le mirage de tout le monde pouvant développer n'importe quoi (et facilement en plus) revient régulièrement. Pour le moment on constate surtout une complexité de plus en plus importante dans la réalisation d'applications elles même de plus en plus complexe (et pour certaines compliquées :o).

Les mini-applications d'aujourd'hui vont sans doute laisser la place à des intégrations de plus en plus délicates et riches...
a écrit le 11/02/2013 à 14:42 :
Ils ont copié le mode de fonctionnement des Startup Week-ends!

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