"Sans le Grand Paris, le PIB français serait privé de 200 milliards d'euros"

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Pierre-Antoine Gailly, président de la CCI Paris Île-de-France  / DR
Pierre-Antoine Gailly, président de la CCI Paris Île-de-France / DR (Crédits : Benjamin TEISSEDRE)
Pierre-Antoine Gailly, président de la CCI Paris Île-de-France, a fait réaliser des études sur l'impact de la mise en œuvre du plan de transports francilien. Le résultat est éloquent.

LA TRIBUNE - Pensez-vous que le plan transports du Grand Paris annoncé par Jean-Marc Ayrault est déterminant pour relancer l?attractivité de la métropole"?
PIERRE-ANTOINE GAILLY -
Le point vraiment intéressant de l?annonce est que, pour la première fois, on a réuni toutes les problématiques transports de l?Île-de-France dans un seul plan. Non seulement la grande boucle express, mais aussi la modernisation du RER B ou l?extension d?Eole jusqu?à Mantes-la-Jolie, ce qui per-met le désenclavement d?une région qui en a vraiment besoin. Il y a une vision complète du dossier, un seul et même plan pour tout, c?est une très belle idée.

Beaucoup d?économistes pensent que le rapport coût-bénéfices du plan est très difficilement appréciable car ce type de projet est totalement nouveau.
Mais si, cela s?est déjà fait ! On l?oublie toujours. Il y a 150 ans, lorsque le baron Haussman et le percement du métro ont fait décoller économiquement Paris. Dans les années 1960 et 1970, lorsqu?on a construit le RER et implanté les villes nouvelles. Mais toujours il y a eu le lien entre les transports et l?urbanisme. On n?a rien inventé. Pour le reste, j?ai été e% effectivement surpris que, depuis que le temps que l?on parle de ce dossier, en février il n?y avait toujours aucune étude sur ses retombées économiques éventuelles. Comme si les économistes étaient un peu pétrifiés. Pourtant les sommes ne sont pas monstrueuses, comme on l?entend trop souvent. Elles sont importantes, mais 30 milliards sur quinze ans, par rapport à l?enjeu économique de la région capitale, ce n?est pas un sujet susceptible de polémique : dans tous les pays développés, lorsque la région capitale va bien, le reste du pays va bien. Très souvent cette région connaît un demi-point de croissance supplémentaire par rapport au reste du pays et l?entraîne.
Avec l?Île-de-France, cela a été vrai jusqu?à il y a six ou sept ans. Depuis, nous nous sommes fait passer devant. Nous avons aussi tous remarqué que depuis cinq ou six ans, les déclarations d?envie de s?implanter
en Île-de-France de la part des entreprises étrangères fléchissaient régulièrement. Et, depuis l?année dernière, la baisse du nombre d?implantations étrangères nous fait reculer dans les classements internationaux. Nous avons donc un réel problème d?attractivité et dans toutes les enquêtes, il est lié à deux
raisons : le logement et les transports !

Est-ce pour cela que vous avez cherché à savoir ce que cela coûterait à la collectivité de ne pas réaliser le Grand Paris ?
Exactement. Sur la base d?hypothèses raisonnables et raisonnées, on peut estimer que la non-réalisation du projet du Grand Paris priverait le PIB français d?environ 144 à 208 milliards d?euros à l?horizon 2030. On peut même extrapoler encore plus et aller jusqu?en 2040 et montrer que le manque serait entre 444 et 596 milliards. Si l?on se base sur un taux de prélèvements obligatoires de 42,5%, cela implique un manque à gagner de 61 à 88 milliards pour les finances publiques en 2030 et de 189 à 253 milliards en 2040.

Sur quelles hypothèses avez-vous fondé vos calculs ?
Nous avons fait deux jeux d?hypothèses quant aux effets du Grand Paris. Le premier correspond au scénario que la Chambre de commerce et d?industrie régionale a retenu, avec un passage à 3,5)% de la croissance francilienne à partir de 2030 ; le second retient une croissance plus faible aux alentours de 3%. Ce sont des hypothèses cohérentes avec celles de l?INSEE sur la croissance de long terme de l?économie française qui sont proches, au mieux, de 2%. Nous avons également estimé que le Grand Paris, avec 1 à 2 milliards d?investissement par an au cours des vingt prochaines années, se traduit par une augmentation de 0,3% du PIB francilien chaque année. Ensuite, nous avons fait tourner les modèles avec un scénario sans le Grand Paris et un autre avec. Cela nous a donné le différentiel.

Les effets seront-ils immédiats sur la croissance et l?emploi ?
À partir de 2020, on va réellement voir les effets sur la croissance francilienne et un début de diffusion dans le reste du pays. On ne peut guère faire d?hypothèses fortes, mais il est quand même possible qu?entre 2020 et 2030 la croissance de l?économie française atteigne 2,2% avec l?effet de diffusion du Grand Paris. Et il faut souligner qu?un point de croissance en plus ce sont 250.000 emplois en plus pour l?économie française. D?ailleurs, il faut que l?on arrête avec ce serpent de mer de la province qui paierait pour Paris. Même les élus franciliens avec lesquels je discute très souvent sont trop réservés sur cette question. Il faut dire que région capitale, c?est 18)% de la population qui génère 29% du PIB de la France et 42% des recettes fiscales de l?État. Il ne faut pas être complexé, notre Région tire le pays.

Vous êtes donc plutôt un chaud partisan de ce plan ?
Je vais émettre deux réserves. La première tient au foncier. Si, comme le laisse entendre le projet de loi sur la décentralisation, une autorité sur le foncier est donnée à une structure métropolitaine, ce sera parfait. Il est insupportable d?entendre des maires de la petite couronne de Paris dire qu?ils ont les hectares pour construire, mais qu?ils ne font pas de logement social parce ce que cela ne correspond pas à leur électorat. Ils ne font d?ailleurs pas plus de logements intermédiaires. Et les entreprises n?arrivent pas à en trouver pour loger leurs employés et leurs cadres! Et j?aurais un regret, c?est que l?on termine par là où l?on devrait commencer : Roissy, c?est prévu pour 2030, Orly et Villepinte pour 2027. Ce sont les poumons de l?Île-de-France, les arrivées d?air frais. Et on fi nit par cela !

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Commentaires
a écrit le 23/04/2013 à 8:11 :
sans les DO-TOM le Pays économisera 100 milliards d'euro.Sans les quartiers nobles de
nos villes on économisera 150 milliards d'euro!! C'est ou la connerie ?
a écrit le 23/04/2013 à 7:20 :
Une CCI interessee par de l'argent frais emanant de taxes sur de nouvelles structures sur son "territoire". En ce moment c'est la disette pour les CCI qui sont en reforme et voient leurs moyens financiers plonges, sauve qui peut c'est la fin des cocktails et petits fours, il leur faut de l'argent frais et fissa !
a écrit le 23/04/2013 à 0:00 :
Ah bon? Et comment? On ne le paiera pas?
a écrit le 22/04/2013 à 23:04 :
Il y a urgence mais il faut aussi tailler dans le vif.

Il manque logements transports... il faut des train mais pas des stations tous les km...

IL faut raisonner en temps fixer un cadre fort et optimiser.

Il faut remembrer densifier et tracer de nouveaux axes qui brisent le modèle en étoile... catastrophe française
a écrit le 22/04/2013 à 22:57 :
En faisant péter une centrale nucléaire, on aurait au moins 500 milliards de PIB en plus, c'est plus rapide. Faut être plus créatifs pour monter le PIB. Construisons un métro jusqu'au Havre et bétonnons, bétonnons !
a écrit le 22/04/2013 à 18:38 :
"Si, comme le laisse entendre le projet de loi sur la décentralisation, une autorité sur le foncier est donnée à une structure métropolitaine, ce sera parfait.", parfait pour qui? Les potes qui gèreront le foncier et arrondiront ses fins de mois grâce à d'autres potes du bâtiment?
a écrit le 22/04/2013 à 18:26 :
Et dans sa pseudo étude, il a chiffré ce que ça fait de remplacer des terres arables et des arbres par du béton? Les dégâts sur la santé que va représenter le grand Paris (cf pollution dans le métro) ne sont pas quantifiables. "les entreprises n?arrivent pas à en trouver pour loger leurs employés et leurs cadres!", c'est sûr, quand les entreprises et employés sont expulsées de Paris par les loyers, il est plus difficile de rassembler tout le monde au même endroit. De ce point de vue, le "grand paris" ne changera pas grand chose.
a écrit le 22/04/2013 à 18:00 :
Et que l'on développait plus harmonieusement nos belles provinces , plutot que de remplir une poubelle déjà trop pleine !
Réponse de le 22/04/2013 à 18:32 :
Impossible, l'harmonie et le bien être/vivre ne se mesurent pas en PIB, donc ça sert à rien.
Réponse de le 22/04/2013 à 18:48 :
Ah, le grand Lunéville ou le grand Plougastel ! C'est sur que ça parle à tous les investisseurs internationaux... Ce débat Province contre Paris est stérile et contreproductif : quand les métropoles nationales sont handicapées, les métropoles régionales souffrent et les petites villes meurent. On a les poubelles qu'on mérite.
Réponse de le 22/04/2013 à 20:34 :
C est sur en Allemagne , Berlin ou Bonn, ou Dusseldorf ou Frankfurt ou Hambourg .... ont des positions enviables. Surconcentrer tout sur Paris est contreproductif , il suffit de comparer le rythme de travail à Paris et n importe où ailleurs en France ( sauf peut etre Marseille ;-)
Réponse de le 23/08/2013 à 11:30 :
La province a bon dos pour notre ami Britannicus, les jacobins ont assez ruiné ce pays avec leur tout Paris couteux et illusoire, on n'a jamais vu un effort réel de décentralisation dans ce pays, des effets d'annonces et deux ou trois petits symboles que l'on nous ressert de temps en temps. L'Allemagne (par exemple) est fédéraliste, c'est ce qu'il nous faut, arrêtons de nourrir ce nombril nombriliste qu'est Paris et sa couronne invivable.
a écrit le 22/04/2013 à 17:54 :
en tous cas ce projet pharaonique est la meilleure façon d'augmenter l'endettement et les impôts ...

et ce monsieur a fait ses études avec FHollande ...
a écrit le 22/04/2013 à 17:26 :
ce titre ne veut absolument rien dire !!! et l'Espagne sans Barcelone, et le Royaume Uni sans l'Angleterre....
a écrit le 22/04/2013 à 17:11 :
Donner le foncier a une structure technocratique serait le plus sur moyen d'avoir un Grand Paris deshumanise, dogmatise par une poignee qui pense encore etre dans les annees 70: tout savoir tout en pregnant un peu de temps pour eduquer le bon peuple. Ils se rendront vite compte que tel n'est plus le cas.
a écrit le 22/04/2013 à 16:53 :
et avec de Si on mettrait Paris en bouteille. Ces propos ne sont étayés ni confirmes par personne d'indépendant des intérêts (...) de certains. les couts et surcouts du projet du grand paris ne sont pas réellement connus a ce jour. Alors de quoi parle t-on ici?
Réponse de le 23/04/2013 à 9:35 :
on parle sûrement comme à l'habitude, de grosses c..Neries !! ils sont très, très douès pour ça! uniquement pour ça, d'ailleurs !!

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