La bonne émulsion du fonds « souverain » à la sauce normande
Nathalie Jourdan
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Fonds d'investissement
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Son anniversaire a été fêté sur le site historique des Lampes Berger à Bourgtheroulde, dans l'Eure, PME dont il est devenu actionnaire minoritaire il y a peu aux côtés d'Argos. Créé en 2016 par la Région, le fonds Normandie Participations vient de passer le cap des trois ans d'existence. « Ce fonds pas comme les autres », comme le revendique sa plaquette promotionnelle reste effectivement une sorte d'Ofni (un objet financier non identifié) dans le paysage hexagonal du capital-investissement.
Seul fonds généraliste de cette taille. - 100 millions d'euros - aux mains d'une collectivité, il se distingue aussi par sa gouvernance, émancipée du politique pour prévenir toute dérive clientéliste. Aucun élu ne siège dans son conseil d'administration, uniquement composé d'une trentaine d'entrepreneurs en activité. Un gage d'indépendance et d'expertise, selon son directeur, François Guisset, pour qui « toutes ces caractéristiques en font un modèle unique ».
Sur le plan de la doctrine, il se présente comme « un investisseur patient et un actionnaire bienveillant », sélectif certes, mais cinq fois moins que la moyenne des sociétés de gestion privées. En trois ans, près de 30 millions d'euros ont été investis au capital de quarante PME matures ou de jeunes pousses, moyennant un effet de levier de 150 millions grâce à l'apport d'une trentaine de co-investisseurs.
Les choix sont éclectiques. Parmi les prises de participations, on peut citer Yes We Hack (Rouen), une des rares plateformes européennes de bug bounty ; le fabricant d'accastillage honfleurais Karver ; ou encore le groupe de construction Treuil (Évreux), accompagné lors de l'acquisition du spécialiste caennais des constructions modulaires Legoupil. « Ce qui est recherché, c'est d'abord le développement économique du territoire, par opposition aux fonds spéculatifs », insiste Franck Murray, président de Murata France et du conseil d'administration.
Nathalie Jourdan