La recherche prend de l'envergure à l'Oncopole de Toulouse

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Une partie du groupe de travail qui amené le projet Captor. Au centre, Gilles Fourtanier, président de l'univeristé Paul Sabatier, qui a présidé le groupe de travail. / DR
Une partie du groupe de travail qui amené le projet Captor. Au centre, Gilles Fourtanier, président de l'univeristé Paul Sabatier, qui a présidé le groupe de travail. / DR
Lauréat des « Investissements d'Avenir », Captor, l'un des projets structurants de l'Oncopole de Toulouse, a obtenu une dotation de 10 millions d'euros sur cinq ans. Il devrait positionner la métropole comme un acteur important dans la recherche des futurs médicaments anti-cancer.

C'est un projet important qui fédère et structure les acteurs de l'Oncopole qui vient d'être labéllisé. Répondant au nom de code Captor ( Cancer pharmacologie of Toulouse and région), le Pôle de recherche hospitalo-universitaire est depuis le mardi 20 mars, lauréat de l'appel à projets « Institut hospitalo universitaire de cancérologie » dans le cadre des « Investissements d'Avenir ». Concrètement, cela signifie que ce pôle d'excellence va bénéficier d'une dotation de 10 millions d'euros sur 5 ans.

Un soutien bienvenu pour les programmes déjà mis en place

Surtout, grâce à cette labellisation, l'Oncopole à travers le Pôle de recherche hospitalo-universitaire devient un acteur incontournable de la recherche, la formation, l'accompagnement social et les traitements innovants en cancérologie. « Ce projet ouvre des perspectives importantes pour l?amélioration des soins dans le domaine du cancer. Il marque l?ambition nationale et internationale de Toulouse dans ce domaine », pointe Gilles Fourtanier, président de l?université Paul Sabatier, qui a présidé le groupe de travail.

Pour Martin Malvy, le Président du conseil régional,  « le succès remporté par le projet CAPTOR donnera des atouts et des moyens supplémentaires bienvenus aux programmes mis en place par les acteurs régionaux de la lutte contre le cancer ».« Ce projet va être d'une aide considérable, ajoute Michel Attal, directeur de l?Institut Claudius Regaud et spécialiste mondial du myélome, car la recherche clinique est l'un des n?uds de l'évolution de l'oncologie. »

La grande réussite du projet toulousain repose sur la collaboration de nombreux acteurs publics et privés de l'Oncopole. Le projet Captor a notamment été soutenu par la fondation Innabiosanté. Il a été initié en juillet 2011. « Cette obtention est totalement inattendue, reconnaît Michel Attal, quand j?ai rencontré Gilles Fourtanier, nous nous sommes demandés si nous allions postuler à cet appel d'offre. » Les protagonistes craignaient la concurrence du projet francilien Pacri qui lui aussi a été labellisé pour la même dotation.

Un projet de 65 millions d'euros

Le pôle hospitalo-universitaire travaillera sur quatre domaines, nommés « work package » : l?innovation avec la recherche fondamentale de nouveaux médicaments, la recherche clinique, l?évaluation des pratiques pharmacos-sociales et l?intégration des innovations dans les formations.
Sur les 10 millions accordés, 35 % iront à l?innovation, 35 % seront consacrés à la recherche clinique, 20 % à l?évaluation des pratiques pharmaco-sociales et 10 % à la formation. La majeure partie de la dotation sera consacrée au recrutement de personnel comme des data manager ou des biostatisticiens. Une autre partie sera utilisée pour l?achat de matériel. L?ensemble du projet Captor devrait coûter 64,8 millions d?euros sur cinq ans, une enveloppe qui pourrait être revue à la baisse.

Une attractivité renforcée vis à vis des entreprises

« Ce projet apporte une légitimité à l?Oncopole et il renforce son attractivité », assure Pierre Montoriol, président du pôle de compétitivité Cancer-Bio-Santé. La labellisation « Investissements d?Avenir » est selon lui une carte maîtresse pour attirer les grands groupes tels les laboratoires GSK et Roche. Le professeur d?hématologie au CHU, Guy Laurent, l?un des conducteurs du projet, assure qu?il y a « une forte demande » du laboratoire Roche notamment sur la partie pharmaco-sociale. Un rencontre doit se dérouler en avril.

Des entreprises se sont d?ailleurs investies dans Captor via des collaborations. La start-up toulousaine de biotechnologie médicale Affichem travaille sur les voies métaboliques, Innate Pharme, une entreprise marseillaise s?intéresse à l?immunothérapie. Parmi les grands groupes, il y a une collaboration sur l?angiogenèse avec Sanofi Toulouse et Pierre Fabre Médicaments travaille sur les thérapies ciblées.

Un retard sur les effets secondaires des médicaments

Le contexte du marché est rappelé par Guy Laurent, l?un des meneurs du projet. « Le médicament contre le cancer connaît une crise.» Il explique que les axes prioritaires de Captor ont été définis à partir de constats simples :  « la France est en retard sur les effets secondaires des médicaments; il n?y a pas de campus qui rassemble innovation, transfert, banque de données et médecine; on ne sait pas ce que deviennent les médicaments après leur commercialisation. » Et de rappeler un chiffre : « 24 médicaments dans le monde ont un chiffre d?affaires supérieur à un milliard d?euros. Parmi eux, il n?y en aucun qui soit français. »

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