Un million de Mypis dès 2014 : le pari d’une monnaie solidaire et régionale

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L'initiative a été lancée en présence de Martin Malvy (au centre), président du Conseil régional Midi-Pyrénées. © SA
L'initiative a été lancée en présence de Martin Malvy (au centre), président du Conseil régional Midi-Pyrénées. © SA (Crédits : SA)
Les 150 premiers membres de l’association pour la création des Mypis se sont réunis mi novembre pour marquer l'acte fondateur de cette nouvelle monnaie numérique, régionale et créatrice d’emplois. L’initiative est portée par Gérard Poujade, président de la commission développement durable au Conseil régional. Objectif : 1 million de Mypis en circulation dès septembre 2014.

Il le reconnaît volontiers, "l'idée n'est pas très intuitive", et "elle n'a jamais été testée en France". Gérard Poujade y croit pourtant dur comme fer : les Mypis vont permettre de générer de l'activité et de créer de l'emploi en région. Cette monnaie numérique, régionale et solidaire a déjà le soutien de 150 entreprises, collectivités et particuliers en Midi-Pyrénées, tous membres de l'association créée le 12 novembre dernier.

La monnaie sera lancée dès le millième membre

« Quand nous auront atteint 1.000 membres, l'association se transformera en Scic (Société coopérative d'intérêt collectif, NDLR), et la monnaie pourra être lancée, explique l'élu régional. C'est une garantie pour les habitants de Midi-Pyrénées qu'ils auront au moins 1.000 endroits où dépenser leurs Mypis ». L'idée est de pouvoir utiliser ses Mypis aussi bien dans la restauration que dans les services ou la distribution. Parmi les 150 premiers adhérents : la librairie et les éditions Privat, l'entreprise gersoise Éthiquable, la Scop tarnaise Regabat, le réseau Biocoop et le Crédit Agricole Pyrénées-Gascogne.

Une monnaie qui crée de l'activité

La création des Mypis, officiellement soutenue par le président de Région, Martin Malvy, et le président de la CCI régionale, Didier Gardinal, a pour vocation de créer de l'activité locale. Cette monnaie "fondante" est faite pour être dépensée et perd de sa valeur si elle est épargnée. "Si un particulier dépense ses Mypis dans un restaurant, le restaurateur devra lui aussi dépenser les Mypis reçus. Ne pouvant pas (encore) payer de salaire avec, il sera forcé de les dépenser en achetant ses produits chez un fournisseur local, qui lui aussi fera la même chose", détaille Gérard Poujade.

Créer du pouvoir d'achat

Résultat : une animation de l'économie locale et un "label qualité" pour le consommateur, dans la tendance des "restaurateurs qualivores" (8 chefs toulousains qui se sont engagés à défendre les produits sous signes d'identification de la qualité et de l'origine). Par ailleurs, la monnaie se veut aussi créatrice de pouvoir d'achat : lors de l'achat de monnaie, 100 euros se transformeront en 110 Mypis.

Une expérience inédite en France

"Non, le Mypis, ce n'est pas comme le Sol Violette." Au soupçon de manque de visibilité entre les différentes monnaies solidaires, Gérard Poujade répond fermement : elles n'ont pas la même mission. "D'ailleurs, les Mypis permettront également d'obtenir des prêts à taux zéro pour la rénovation énergétique." L'élu en est convaincu : « Il faudrait que chaque région ait sa monnaie régionale ».

Exclusivité midi-pyrénéenne

Mais les Mypis sont pour le moment une exclusivité midi-pyrénéenne, c'est pour cela que l'association se dotera d'un comité scientifique formé d'économistes, de sociologues et d'experts du développement durable pour mesurer les retombées de cette monnaie. Afin de savoir si la Région peut entrer au capital, Martin Malvy a par ailleurs missionné Ernst &Young pour réaliser une étude de faisabilité juridique. D'autres monnaies alternatives ont fait leurs preuves en Europe : le Wir en Belgique ou le Res en Suisse.

 

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Commentaires
a écrit le 21/11/2013 à 7:20 :
Et combien de Mypis est-ce que cela va nous coûter ??
Ernst &Young prendrait déjà 230000€ pour l'étude...

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