CES 2018 : Skeep, l'application qui vous donnera le contrôle de vos données

 |   |  834  mots
(Crédits : © Pawel Kopczynski / Reuters)
Nouvelle star de la French Tech toulousaine, Skeep, lancée il y a moins de quatre mois, revendique déjà 100 000 utilisateurs.

« Nous travaillons pour te montrer ce que les entreprises ont sur toi. Encore un peu de patience et tu pourras reprendre le contrôle de tes données », annonce d'emblée l'application.

Lancée à la mi-septembre par deux Toulousains, Skeep se définit comme « un ange gardien des données personnelles ». Après avoir téléchargé l'appli, l'utilisateur peut traiter ses e-mails ou son compte Facebook. La partie courrier recense l'ensemble des newsletters d'une boîte, évalue leur taux d'ouverture et envoie si besoin une demande de désabonnement.

Sur Facebook, l'application liste l'ensemble des annonceurs publicitaires qui ont accès aux données de l'utilisateur. « Les gens ne se rendent pas toujours compte de l'ampleur du phénomène. Via la fonctionnalité Facebook Connect, certaines entreprises peuvent avoir accès à votre liste d'amis, publier un post ou envoyer des messages privés en votre nom », alerte Mickaël Épin, le cofondateur de Skeep. Un simple clic sur une publicité ou un like sur un post sponsorisé permet au réseau social d'établir une liste des centres d'intérêt de l'utilisateur et d'en alerter les annonceurs.

« En faisant le test, j'avais plus de 200 centres d'intérêt recensés par Facebook. Parfois, ça fait peur. Certaines villes où j'avais voyagé récemment en faisaient partie, via la géolocalisation », poursuit l'entrepreneur toulousain.

Il relève également que les groupes de presse s'allient pour faire circuler les données numériques sur leurs lecteurs, à l'image de l'alliance Gravity (qui regroupe notamment Les Échos, Le Parisien, La Dépêche du Midi, mais aussi la Fnac).

À la recherche d'un modèle économique

L'application permet de restreindre les droits d'accès de ces sociétés via Facebook Connect et de limiter les publicités ciblées. Deux mois après son lancement, Skeep a déjà conquis plus de 100.000 utilisateurs. Un succès qui peut s'expliquer par son originalité.

« Plusieurs startups s'étaient déjà lancées dans la gestion des spams, mais aucune appli n'existait pour contrôler les données sur les réseaux sociaux », note Mickaël Épin.

La jeune société travaille sur de nouvelles fonctionnalités sur Facebook pour s'assurer, par exemple, qu'une photo supprimée du mur ne soit pas stockée par le réseau social. Skeep aimerait par ailleurs être disponible pour Instagram ou Twitter.

La startup collabore avec la Cnil (Commission nationale de l'informatique et des libertés) pour qu'il soit possible depuis un smartphone de saisir cette autorité en cas d'atteinte à la vie privée sur Internet. Totalement gratuite et sans publicité, Skeep n'utilise pas non plus les données personnelles des utilisateurs. « C'est vraiment disruptif », note Mickaël Épin. Toujours à la recherche d'un modèle économique, la startup aimerait fournir du conseil aux entreprises pour gérer ces droits d'accès aux données. D'autant qu'avec l'entrée en vigueur en mai prochain du RGPD (règlement général sur la protection des données), toutes les entreprises européennes devront nommer un délégué chargé de cette mission. En attendant, Skeep compte bien profiter du CES pour faire un pied de nez aux plus gros collecteurs de données personnelles, les fameux Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon). Mickaël Épin lance : « On leur montrera qu'on n'a pas peur d'eux. »

______

Elles y seront aussi...

D'autres Toulousains pourraient faire le buzz au CES. À commencer par Bubbleflat, qui promet le meilleur de la colocation par affinités. À la façon d'un site de rencontres, Bubbleflat demande à ses utilisateurs leurs centres d'intérêt, leur mode de vie, l'école qu'ils fréquentent, afin de pouvoir leur trouver le colocataire idéal.

Grâce à son « algorithme de match », le site toulousain sélectionne par affinités le colocataire qui correspond le mieux aux attentes de l'utilisateur. Une fois la perle rare identifiée, les colocataires peuvent ensemble chercher et trouver dans toutes les grandes villes de France un logement en fonction des attentes des différents membres de la colocation. Une application est en cours de réalisation. De son côté, IMInnov développe la technologie EquiSure, un système d'alerte connecté pour assurer la sécurité du cavalier et de son cheval lors de balades en pleine nature. Il se présente sous la forme de deux boîtiers reliés par Bluetooth, l'un fixé sur le casque du cavalier, l'autre sur le harnais du cheval. Les deux boîtiers sont géolocalisés et permettent aux secours d'intervenir rapidement en cas de chute.

Si un tel scénario se produit, un SMS d'alerte est envoyé aux numéros de téléphone enregistrés dans les boîtiers. EquiSure est le seul système qui mesure l'intensité de la chute du cavalier. En cas de fausse alerte ou de chute sans grande gravité, l'utilisateur peut désactiver le SOS émis par EquiSure. S'il n'en est pas capable, alors l'alerte sera jugée sérieuse et les secours contactés automatiquement.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :