Navire "Honfleur" : l’orientation GNL de la Brittany Ferries retardée
Pascale Paoli-Lebailly

Brittany Ferries GNL
Droits réservés
Pascale Paoli-Lebailly

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Entre Caen-Ouistreham et Portsmouth, le plan de flotte assurant cette liaison transmanche de la compagnie maritime Brittany Ferries, ne changera finalement pas pour la saison estivale 2019. Le navire Normandie, que la compagnie de Roscoff avait prévu d'affecter à la ligne Le Havre-Portsmouth, tout en mettant l'Etretat en arrêt technique, va maintenir ce cap encore quelques mois. La mise en service de son remplaçant de nouvelle génération, le Honfleur, n'interviendra qu'à l'automne voire au début 2020. Sont en cause, les grosses difficultés financières qui affectent le chantier naval allemand de Flensburger Schiffbau-Gesellschaft à Flensbourg. Les pénalités imposées à FSG à la suite du retard pris dans la livraison d'un nouveau navire d'Irish Ferries, provoque chez son homologue breton un retard de près de six mois.
Pourtant en décembre dernier, la mise à l'eau de deux éléments de la coque de ce premier navire de la Brittany Ferries propulsé au GNL (gaz naturel liquéfié), avait pourtant fait l'objet d'une forte opération de communication. Le calendrier était encore respecté et les essais en mer devaient avoir lieu au printemps.
Ce géant de 10.000 tonnes, long de 187 mètres, dans lequel le groupe breton investit 180 millions d'euros (200 millions d'euros avec les bonbonnes de gaz) représente une nouvelle génération de ferry opérant sur la Manche : plus respectueux de l'environnement, alliant un design moderne et une expérience de traversée qualifiée « d'unique ». Un atout pour cette populaire liaison Caen-Ouistreham-Portsmouth qui assure le transport de plus de 900.000 passagers, 280.000 voitures et 100.000 camions par an.
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[Crédits : Brittany Ferries]
« La construction du navire a pris du retard, mais cela ne change pas la face du monde », dédramatise Jean-Marc Roué, président du conseil de surveillance de la Brittany Ferries, dont 80% du chiffre d'affaires (450 millions d'euros en 2017) est réalisé grâce au transport de passagers (2,7 millions en 2018, 80% de Britanniques).
Et d'ajouter :
Le GNL, qui dans le cadre d'un contrat d'approvisionnement avec Total sera acheminé par la route au départ du terminal de Dunkerque, présente, il est vrai, des avantages environnementaux. Il permet de réduire de 25% le dioxyde de carbone et ramène les émissions de dioxyde de soufre, de dioxyde d'azote et de particules fines à quasiment zéro.
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La coque du Honfleur présente aussi une structure optimisée sur le plan hydrodynamique. Combiné à un système de propulsion gaz-électrique, cela permettra de réduire la consommation de carburant de 16%. Pour les 1.680 passagers (261 cabines, 550 voitures), ce mode de propulsion signifie également moins de vibrations et de nuisances sonores, donc plus de confort. Ce navire de dernière génération leur permettra de profiter d'innovations numériques à bord et de prestations de qualité.
Pour l'entreprise bretonne, contrôlée par les coopératives agricoles et légumières, dont la Sica de Saint-Pol-de-Léon, la construction du Honfleur s'inscrit dans une actualité stratégique plus large avec en toile de fond un retour de la croissance après le plan engagé en 2013. Le navire fait partie d'un investissement global de 450 millions d'euros, et sera le premier des trois navires à être livrés dans les années à venir.
Commandés en Chine par la compagnie suédoise Stena RoRo qui les affrète, le Salamanca (GNL) et le Galicia à propulsion classique seront respectivement mis en service en 2020 et en 2021, pour une desserte Royaume-Uni Espagne. Brittany Ferries, qui a prévu de les racheter sous cinq ans, développe aussi le projet d'un Bretagne 2 au GNL à horizon 2023-2024.
Quoi qu'il arrive, les nouveaux navires du groupe seront livrés après le Brexit. Dans ce contexte sans grande visibilité, et la perspective d'une absence d'accord, l'investissement peut paraître risqué pour les activités d'armement breton. Sollicitée par le gouvernement britannique, qui souhaite éviter un blocage du dispositif transmanche, la Britanny Ferries a cependant conclu fin décembre un accord avec le ministère des Transports qui accroît sa capacité fret (210.000 unités par an) de 30% sur la Manche ouest et centrale, en cas de Brexit sans accord. Sur les lignes, Roscoff-Plymouth, Cherbourg-Pool et Le Havre-Portsmouth, la fréquence des rotations passera de 1 à 1,5 aller-retour par 24 heures à compter du 29 mars.
Face à l'incertitude, les réservations des Britanniques pour 2019 seraient en baisse.
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Par Pascale Paoli-Lebailly,
correspondante de La Tribune pour la région Bretagne
Pascale Paoli-Lebailly
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