Les laboratoires Anios vont produire en Chine, en Inde... et bientôt au Brésil

Afin de développer ses ventes à l'international, le spécialiste de l'hygiène et de la désinfection veut produire davantage hors de France. Objectif : réaliser 50 % de son chiffre d'affaires à l'export dans trois ans. Entre temps, l'ETI familiale aura continué à investir en France en logistique, mais aussi dans son outil de production.
L'usine Anios de Sainghin. DR
L'usine Anios de Sainghin. DR

À l'occasion du congrès annuel de la Société Française d'Hygiène Hospitalière, organisé cette année à Lille, la direction des laboratoires Anios a annoncé la création d'une filiale de production à Shanghai, la constitution d'un joint-venture en Inde et la recherche d'un partenaire industriel au Brésil. « Avec la crise, le protectionnisme national s'intensifie partout dans le monde. Pour vendre davantage hors de France, nous devons intensifier nos productions à l'étranger. » C'est ainsi que Bertrand Letartre, PDG des laboratoires Anios explique les projets à l'international de son entreprise familiale spécialisée dans la fabrication et le conditionnement de produits d'hygiène et de désinfection à destination des hôpitaux, des professions médicales, des industries et des collectivités. Implantée depuis sa création il y a plus de 100 ans dans la métropole lilloise, l'entreprise a réalisé en 2011 à l'export 35 % d'un chiffre d'affaires de 167 millions d'euros via des ventes dans plus de soixante pays. « Nous visons les 50 % dans les trois ans à venir avec une progression globale de notre chiffre d'affaires d'au moins 10 % par an », avance Thierry Letartre, directeur général de l'entreprise.

Déjà présent en Italie, Suisse, Tunisie et Argentine

Le leader français des produits de désinfection pour hôpitaux, avec 70 % du marché national, possède déjà des unités de production en Italie, en Suisse, en Tunisie et en Argentine. Sa filiale Anios Shanghai vient d'ouvrir ses portes il y a quinze jours. Elle va vendre des produits importés de France puis d'autres fabriqués en Chine dans une usine à capitaux européens. En Inde, un projet de rachat n'ayant pu aboutir, Anios crée un joint-venture à 60 % avec un constructeur local dont l'usine se situe près de Bombay. Le français y investit 700 000 euros en équipements pour un lancement en production planifié au printemps 2013. Au Brésil, les laboratoires Anios détiennent déjà 20 % du marché national via un distributeur local. Pour faire plus, il lui faut trouver un partenaire industriel local. Cela ne devrait pas tarder.

Application de la directive européenne Biocides

Pour atteindre ses objectifs de ventes à l'export, l'entreprise dispose en plus d'un atout face à plusieurs de ses concurrents dans la mesure où elle applique depuis plusieurs années déjà la directive européenne Biocides qui réglemente l'utilisation des substances actives destinées à détruire ou rendre inoffensifs les organismes nuisibles tels que les microbes, les levures, les moisissures, les bactéries ou les virus. En septembre 2013, cette directive deviendra un règlement incontournable. Les industriels du secteur ne sont pas encore tous prêts. Les laboratoires Anios ont une longueur d'avance qui les avantage en Europe mais aussi au-delà.

Production française aussi en croissance

En France, l'entreprise ne manque pas d'ambition non plus. Elle y produit plus de 40.000 tonnes de produits par an et y emploie 350 salariés. Elle investit 10 millions d'euros dans l'extension de son centre logistique de Sainghin-en-Mélantois qui sera opérationnel dans 18 mois sur 16.000 mètres carrés, à proximité de son nouveau centre de recherche et de lignes de production d'où sortent chaque mois 2.000 tonnes de produits. « D'ici cinq ans, nous aurons regroupé au même endroit non seulement notre logistique et nos laboratoires mais aussi toute notre production sur environ 40.000 mètres carrés. Nous disposerons alors d'un campus où travailleront 500 personnes», avance Bertrand Letartre. L'ancienne usine implantée à Hellemmes, à quelques kilomètres, aura alors fermé ses portes.

 

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