Axa et la région Hauts-de-France s'associent pour la télémédecine

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Axa va injecter l'équivalent de 100.000 à 150.000 par an dans le projet du conseil régional des Hauts-de-France pour couvrir les coûts informatiques et la formation des médecins sur place.
Axa va injecter l'équivalent de 100.000 à 150.000 par an dans le projet du conseil régional des Hauts-de-France pour couvrir les coûts informatiques et la formation des médecins sur place. (Crédits : iStock)
Pour lutter contre les déserts médicaux, le conseil régional des Hauts-de-France et Axa s’associent pour mettre en place un dispositif de télémédecine. L’expérimentation sera menée dans un "désert" médical du Pas-de-Calais, à Marconne dans le Pays des 7 vallées.

Dès le 1er janvier prochain, ce territoire rural de 60 communes et de 30.000 habitants pourra ainsi avoir recours à de la télémédecine. « Concrètement, le patient prendra rendez-vous par internet ou par téléphone : il pourra être reçu dans la clinique des 7 vallées où, après avoir été accueilli pour la partie administrative, il sera reçu par un infirmier qui établira la connexion avec le médecin », explique le Dr Monfourny, partenaire du projet.

La téléconsultation permettra au médecin de permanence de discuter avec son patient et de réaliser un premier diagnostic grâce aux outils connectés (stéthoscope, otoscope, tensiomètre, etc.) manipulés par l'infirmier. Le médecin pourra alors établir une ordonnance ou demander des examens complémentaires, et éditer une feuille de soin. Les consultations à distance sont remboursées par la Sécurité sociale depuis le 15 septembre.

Médecins locaux

De l'autre côté de l'écran seront d'abord mobilisés des médecins partenaires locaux, pour assurer les téléconsultations. À défaut, le patient sera mis en relation avec les médecins d'Axa Assistance - qui exercent déjà via la plateforme de téléconsultation du groupe. L'objectif du recours à la télémédecine est de miser sur la qualité des soins, et surtout sur la prévention, en l'occurrence lorsque l'on sait qu'un passage aux urgences coûte en moyenne 160 euros.

Axa va injecter l'équivalent de 100.000 à 150.000 par an dans le projet pour couvrir les coûts informatiques et la formation des médecins sur place. Et gardera à sa charge les téléconsultations des médecins de la plateforme d'Axa. Le Conseil régional prendra lui en charge le salaire des infirmiers (environ 30.000 euros par an) et le coût du matériel.

La qualité et non la quantité

Comment vont réagir les habitants ? Est-ce que le dispositif sera suffisamment connu pour être utilisé ? Les médecins joueront-ils le jeu ? Combien de téléconsultations seront données ? Impossible d'esquisser des réponses précises à ces questions.

« Si les professionnels de santé voient leurs conditions de travail améliorées et si les habitants peuvent accéder à des soins de qualité, nous aurons déjà gagné », a résumé Xavier Bertrand, président du conseil régional des Hauts-de-France (et par ailleurs ancien agent d'assurance et ancien ministre de la Santé).

« Nous misons plus sur la qualité et nous n'avons pas fixé d'objectifs », a renchéri Jacques de Peretti, PDG d'Axa France. L'assureur a été le premier en France à proposer en 2014 un service de consultation : il enregistre aujourd'hui 20.000 téléconsultations par an, ce service étant potentiellement accessible à 5 millions d'assurés.

Prévention et formation

« En fonction des résultats et des points d'étapes prévus pour évaluer la pertinence du projet, nous pourrions être amenés à augmenter le budget de la télémédecine dans le cadre du nouveau plan de santé régional 2019 », a poursuivi Xavier Bertrand.

Il entrevoit que le nombre de projets de maisons de santé devrait naturellement diminuer et que cette expérimentation va faire naître d'autres projets.

Le partenariat d'Axa et du conseil régional ne se cantonne pas à la télémédecine. Dès le printemps 2019, une campagne de sensibilisation des entreprises, en particulier les TPE et le PME, pour encourager l'activité physique des salariés, sera expérimentée auprès de 50 entreprises de Béthune, toujours dans le Pas-de-Calais. Axa va également lancer dans la région un plan de formation et de recrutement dans les métiers du numérique : un programme de formation initiale s'est co-construit avec de grandes écoles et l'université. La première promotion a déjà fait sa rentrée en septembre à l'école informatique EPSI de Lille.

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Par Gaëtane Deljurie,
correspondante pour La Tribune dans les Hauts-de-France

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