HUman at home projecT, l’expérience inédite à Montpellier
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Istock
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Istock
A-t-on envie qu'un réfrigérateur connecté nous rappelle à l'ordre quand un aliment manque et nous oriente sur les produits que nous pourrions consommer ? Que des capteurs nous renseignent sur notre fatigue en fonction de notre démarche analysée par un sol connecté ? Que nos paramètres physiologiques enregistrés sur un bracelet nous renseignent sur notre état de santé ? Est-on prêt à ce que le prix à payer pour lancer vocalement notre playlist depuis notre douche soit une collecte avide de nos données par les GAFAM ? Demain plus qu'aujourd'hui, les nouvelles technologies envahiront nos logements. Tous connectés et interconnectés avec nos objets. Oui mais... Si l'on est favorable au progrès et au confort que nous amèneront ces technologies, peut-on en accepter les conséquences en termes d'emprise sur nos vies ? C'est là tout l'objet du projet HUT (HUman at home projecT) déployé à Montpellier depuis 2018. Parce que les nouvelles technologies et les objets connectés dans nos habitats vont modifier nos comportements, il interroge leur impact sur le bien-être des occupants d'un logement intelligent.
Alain Foucaran, à l'époque directeur de l'Institut d'électronique et des systèmes de Montpellier (aujourd'hui chargé de mission valorisation et partenariats pour le CNRS), est l'initiateur du projet avec l'unité de recherche montpelliéraine Dynamiques du droit. Et il a pour habitude de dire que « si le XXe siècle a été celui des sauts technologiques, le xxie sera celui du saut des usages », ajoutant qu'« il est grand temps de remettre les sciences humaines et sociales au sein de la problématique pour guider la recherche ». Trois ans après le démarrage de HUT, Alain Foucaran le rappelle : « L'objectif, c'est de définir l'appartement du futur pour l'occupant du futur dont on ne veut pas ». En résumé, qu'est-ce qui est possible, souhaitable et acceptable dans le logement intelligent du futur ?
Le projet HUT a, dès le départ, engagé les équipes scientifiques pluridisciplinaires de douze laboratoires de recherche*, au sein desquels les sciences humaines et sociales sont largement sollicitées. Il embarque ainsi juristes, linguistes, économistes, spécialistes du management ou des pratiques de santé, psychologues, sociologues, architectes, roboticiens, spécialistes du mouvement ou informaticiens. Un consortium de partenaires publics et privés** a été constitué et un appartement de 70 m2 loué à Montpellier au promoteur immobilier Nexity.