L'agriculture urbaine, bien plus qu'une mode

Lucie Touby, à Marseille

Lucie Touby, à Marseille
Le boom des jardins partagés, l'intérêt pour l'économie circulaire, le recours aux fruits et légumes directement vendus par les producteurs... Depuis quelques années, l'agriculture retrouve le chemin des villes. Et dans le Sud, le mouvement est tout aussi fort qu'ailleurs. Selon un article paru dans le journal du CNRS, on décompte à Marseille un millier de parcelles où sont cultivés des légumes potagers, le tout sur une trentaine d'hectares.
Un renouveau pour les choses de la terre qui est aussi un bon motif pour créer des entreprises. Ainsi à Marseille, Julien Girardon espère donner vie à ce que l'on appelle la cinquième façade, c'est-à-dire, le toit. Sa petite entreprise, baptisée Abricotoît, vient tout juste d'éclore.
La cible d'Abricotoît est vaste : bailleurs sociaux, centres commerciaux, Ehpad, établissements sanitaires, écoles, entreprises...
Abricotoît propose de l'aménagement et de l'entretien. Après étude des besoins des utilisateurs, une solution est proposée en fonction de ceux-ci.
À plus de 200 kilomètres de là, Jessica Sbaraglia prépare elle aussi la naissance de sa Terre de Monaco. Sa petite entreprise verra le jour dans trois mois - délai légal en Principauté après le dépôt officiel des documents de création - et la startuppeuse prévoit d'installer, sur les toits des entreprises et des bâtiments monégasques, potagers écologiques de fruits et légumes, ruches, poules et panneaux solaires. Avec les cavistes de la ville-État elle a convenu d'utiliser leurs caisses en bois pour la livraison de sa production. Pour cette Suissesse, qui vivait enfant autour d'un jardin de 1.000 m2 permettant l'autosuffisance alimentaire, l'agriculture urbaine, c'est presque naturel. Jessica Sbaraglia a même suivi une formation en maraîchage. Son contrat de prestation prévoit l'entretien et des cours de jardinage pour les surfaces inférieures à 100 m2. Pour celles qui mesurent davantage, elle aménage, propose un contrat de location du bac et intéresse le propriétaire à la vente des produits.
Et Julien Girardon d'analyser cet engouement de fond comme rien de moins que la quatrième révolution agricole.
Une révolution qui « pousse » plutôt bien.
Lucie Touby, à Marseille