Scientifiquement reconnue, la désinfection de l’air ambiant et des surfaces par la diffusion d’ultraviolet (UV-C) fait l’objet d’un projet collaboratif public-privé au sein du CHU de Nantes avec le concours de la startup e-Cobots et de l’industriel de l’électronique Tronico pour déterminer les modes d’utilisation d’un robot nettoyeur. Objectif : éradiquer bactéries, germes et autres virus dont le Sars-Cov-2. Si la région le finance…Acteur de l'industrie du futur, appelé comme manutentionnaire, logisticien et même comédien dans le dernier film de Cédric Klapisch (Deux moi), le cobot -robot collaboratif- Husky-UV de la start-up nantaise e-Cobot, équipé par Tronico, s'apprête à enfiler le costume d'agent de nettoyage au CHU de Nantes. Objectif : éradiquer les traces de Sars-CoV-2 et plus largement les virus, champignons, bactéries et autres germes présents dans l'air ambiant et sur les surfaces. Les chambres de patients, les couloirs, les salles de soins... vont être passés au peigne fin.
«Au printemps dernier, le Haut Conseil de la Santé Publique avait émis un avis sur l'intérêt des UV-C et de l'ozone pour la désinfection de l'environnement. Au regard des études et de la bibliographie disponibles, on a montré, et on sait, que c'est efficace. Ce qui nous manque ce sont des données en situation clinique réelle pour préciser les moyens d'exécution. C'est ce que l'on veut faire à Nantes », explique Didier Lepelletier, co-président du groupe de travail permanent Covid-19 au Haut Conseil de la Santé Publique, et chef du service de bactériologie-hygiène hospitalière du Centre Hospitalier Universitaire de Nantes qui pilote le projet collaboratif « Sauv-D », monté dans le cadre de l'appel à projet « R&D collaborative » lancé depuis deux ans par la région des Pays de la Loire pour stimuler la coopération entre entreprises, laboratoires publics de recherche et établissements de formation. Ici, dans une logique de partenariat public-privé, le CHU de Nantes est associé au vendéen Tronico, spécialiste de l'électronique industrielle et à e-Cobot, spécialisé dans la fabrication et l'intégration de solutions cobotiques associant de l'intelligence artificielle.
Trois solutions au choix
« Pour maitriser une infection dans un hôpital, il y a trois niveaux », rappelle Didier Lepelletier, «l'huile de coude et l'utilisation de détergents chimiques, mais sur certaines épidémies, des germes, plus résistants, peuvent rester dans l'environnement. Si l'on veut être sûr du résultat, il faut avoir recours à la désinfection aérienne avec du peroxyde d'hydrogène -NDLR : de l'eau oxygénée-, mais cela nécessite de couper les ventilations, qu'il n'y ait personne dans la chambre, de préparer la pièce, de diffuser pendant deux heures et attendre encore trois heures que le produit s'évapore. Bref, ça mobilise une chambre pendant huit heures. L'avantage avec l'UV-C, c'est qu'en 10 minutes vous avez désinfecté l'espace. Ça marche, c'est plus rapide et plus économique que les alternatives actuelles.» C'est, d'ailleurs, ce que viennent de démontrer les tests effectués, en mars dernier, dans le service d'endoscopie thoracique de l'Hôpital Nord Laennec, à Nantes où les 50 m² de la salle d'endoscopie, équipée de patchs, balayée par les rayons ultra-violets a été désinfectée du sol au plafond en six minutes. Le Husky-UV a ainsi démontré sa capacité à délivrer des doses d'UV-C efficaces pour détruire des microorganismes et à se déplacer sur les différents types de revêtement de sol de l'établissement (carrelage, PVC). Un premier pas.