Envie Autonomie veut se développer en franchise

Fondée à Angers pour aider les personnes handicapées ou en perte d'autonomie à acquérir du matériel médical rénové à un coût abordable, l'association Envie Autonomie cherche à mutualiser ses process jusqu'au déploiement d'une franchise. Une révolution pour ce pionnier de l'économie sociale et solidaire (ESS).
Envie Anjou a recyclé et revendu 670 appareils médicalisés en 2018. Une activité qui lui a permis de créer 11 emplois.
Envie Anjou a recyclé et revendu 670 appareils médicalisés en 2018. Une activité qui lui a permis de créer 11 emplois. (Crédits : DR)

Connue pour avoir recyclé des tonnes de cafetières, grille-pain et autres lave-linge depuis trente-cinq ans, l'association Envie se penche sur les aides techniques. Entendez par là les fauteuils roulants, les lits médicalisés, les planches de bain, les chaises de douche... Un matériel coûteux, qui pourri souvent au fond d'une cave, d'un Ehpad ou d'une déchetterie. « Un fauteuil roulant électrique coûte entre 15 000 et 20000 euros. Certains peuvent obtenir une aide de 3800 euros de la CPAM, une participation du département, de leur mutuelle, mais le reste à charge demeure élevé et souvent rédhibitoire. D'autres n'ont droit à rien ! », explique Philippe Robin, directeur d'Envie Anjou, qui, il y a trois ans, est alerté par le comité de liaison des handicapés du Maine-et-Loire :

« Vous savez recycler, est-ce que vous pourriez...? » « Nous avons alors constitué un collectif d'acteurs du handicap pour vérifier qu'il avait, d'une part, un gisement d'équipements à collecter et susceptible de pouvoir créer de l'emploi, et, d'autre part, un besoin. Puis, nous sommes allés à la rencontre d'une soixantaine d'établissements de santé avec nos deux interrogations », rappelle Philippe Robin.

11 emplois créés

Le directeur d'Envie Anjou coche rapidement les deux cases, et fonde Autonomie Anjou en 2012, sans avoir véritablement validé les besoins. « Dès la première année, nous avons collecté 1 250 aides techniques. Un tiers a été rénové et 270 appareils ont été vendus à 30 % du prix du marché. Cela signifie que déjà 270 personnes se trouvaient dans le besoin », affirme-t-il. Trois ans plus tard, 3 800 aides techniques ont été collectées, dont 30 % ont été remis à neuf, aseptisés... « Avec 670 appareils vendus l'an dernier, la preuve est faite que le besoin existe », précise Philippe Robin, qui a ouvert un atelier de 1500 mètres carrés à Angers et créé 11 emplois.

Depuis, Envie 44, Envie 85, Envie 72, Envie 35... lui ont emboîté le pas. « On cherche maintenant à mutualiser les process de fabrication et de distribution pour éviter de répéter ce qui n'a pas lieu d'être et lutter contre le gaspillage. » L'objectif est de créer une structure régionale pour cette offre complémentaire au marché traditionnel, de faire bouger les lignes du financement de l'autonomie et de créer, dès 2019, une Société coopérative d'intérêt collectif (SCIC) pour harmoniser et sécuriser les process, et décliner ce savoir-faire en franchise. « Déjà, la CPAM accepte de cofinancer du matériel d'occasion, ce qui n'était pas possible hier ! », constate-t-il.

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