Nantes met la 5G en débat

Mise sur la table à l’occasion de la dernière campagne des municipales à Nantes, la question du déploiement de la 5G va faire l’objet d’un débat citoyen en début d’année 2021 dans la cité des ducs de Bretagne. Dans l’immédiat, les opérateurs ont accepté de jouer le jeu… en retardant l’allumage des antennes.

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Nantes se donne les moyens de construire un débat apaisé, transparent et mature en respectant la diversité des points de vue autour de la 5G.
Nantes se donne les moyens de construire un "débat apaisé, transparent et mature en respectant la diversité des points de vue autour de la 5G". (Crédits : JOHN SIBLEY)

Ce doit être l'occasion de tout savoir sur la 5 G, de tout mettre sur la table et de ne rien laisser sous le tapis. « Nous sommes capables d'un débat apaisé, transparent et mature en respectant la diversité des points de vue », promet Johanna Rolland, maire de Nantes et présidente de Nantes métropole.

Il est vrai, qu'après la transition énergétique, la Loire et la longévité, la ville est habituée à l'organisation de dialogues citoyens. « Chacun peut constater que la 5G fait débat dans la société. Cela pose des enjeux de développement économique, d'emplois, de santé, de souveraineté industrielle, sujet majeur, d'aménagement territorial, des enjeux écologiques et d'usages. On a là des problématiques diverses qui seront abordées lors d'un moratoire, le temps d'un débat », explique-t-elle.

Un sujet imposé par les écologistes

Et plus largement, « il s'agit de choisir le modèle de société que nous voulons », ajoute l'écologiste Julie Laernoes, deuxième adjointe de la ville en charge de la prospective et de la résilience, qui avait mis la question de la 5G sur la table des négociations à l'occasion du ralliement des écologistes aux socialistes lors de la campagne du second tour des municipales.

Ce débat se déroulera sur deux mois à partir de février prochain. Pour garantir la sérénité et la neutralité des discussions, la ville a confié à l'association Fing, spécialisée dans les scénarios prospectifs liés à la transformation numérique, le pilotage, la définition des modalités, le périmètre et les règles du jeu du débat. Pour ce faire, elle réunira, de décembre à janvier, des acteurs institutionnels (département, communes, université...), économiques (CCI, pôle de compétitivité EMC2, CHU, la cantine numérique...), associatifs et acteurs de la société civile (livre blanc pour le climat, UFC que choisir, la santé à voix haute, Résistance 5G à Nantes...), afin « de poser toutes les controverses, d'être en capacité de comprendre et de créer une culture commune autour de la 5G.» Coût de l'opération : 36.000 euros.

La question du principe de précaution

Premier signe de ce débat voulu « constructif et apaisé », les opérateurs ont tous accepté de ne pas allumer, dans l'immédiat, les antennes 5G. « Et c'est un des éléments qui permet la préparation et la tenue d' un débat dans de bonnes conditions », s'est félicitée la maire de Nantes. Jusqu'à quand ? Aucun n'est en mesure de dire.

Alors qu'Angers et le Mans ont donné leur feu vert au déploiement de la 5G, Nantes rejoint le cercle des villes comme Rennes, Lyon Strasbourg... où le sujet fait, aussi, débat. « Il est peut-être temps d'aller vers une société civile du numérique pour éviter de se dire « plus jamais ça » et que l'aménagement numérique du territoire soit discuté au préalable avant d'avoir des calendriers où les fréquences de la 5G sont déjà attribués par l'Etat dans le cadre du déploiement alors que le rapport de l'Anses sur les normes sanitaires liées à la 5G ne sera déposé qu'en mars prochain », ajoute Francky Trichet, adjoint au numérique et à l'innovation de Nantes, qui dit poursuivre les discussions avec les opérateurs pour développer et d'accélérer la 3G et la 4G sur le territoire. « Nous avons beaucoup de craintes sur la 5G alors que la 4G n'est pas totalement en place », reconnait Sandra Impériale, maire de Bouguenais, l'un des cinq communes de la métropole associée à la démarche.

"Plusieurs options sont sur la table"

« Notre préoccupation principale c'est de faire monter à bord tous les acteurs concernés par ces sujets qui engagent notre avenir », affirme Jacques-François Marchandise délégué général de la Fing. A l'issue du débat, la collectivité aura-t-elle pour autant la capacité de dire non à la 5G ? «Plusieurs options sont sur la table », estime Johanna Rolland. « La régulation fait partie des options. L'avantage de ces débats territoriaux, c'est qu'ils vont faire progresser la situation française aussi du point de vue juridique. Une des questions qui se pose pour les villes est d'accepter ou non la pose d'une antenne au regard des règles d'urbanisme. Or, aujourd'hui pour les villes, il s'agit de savoir si l'on peut refuser la pose d'une antenne au titre du principe de précaution ». Et Francky Trichet, d'ajouter : « A défaut de pouvoir interdire, on peut freiner...»

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